Peut-être l'orateur, en pronon- demeure suspect
sans pardonner à la moindre chose et sans rien épargner.
Dites-moi, mes Sœurs, quelles sont maintenant vos inclinations et vos pensées? Vous êtes, par vos vœux, mortes au monde et à tout ce qui est créé ; que souhaitezvous à présent? Avez-vous d'autres désirs que ceux qui vous doivent élever sans cesse vers les biens de l'éternité bienheureuse, et vous y faire aspirer à tout moment? Si votre cœur a encore quelque mouvement qui le possède, il faut désormais que ce soit pour la justice, pour la perfection et la sainteté de chacune de vous en particulier et de tout votre monastère, par le moyen de cette visite. Souhaitez véritablement d'en recevoir les grâces ; demandez qu'elles soient répandues en vos âmes. C'est là, mes Filles, désirer la justice, comme dit Jésus-Christ dans son Évangile, lorsqu'il a prononcé cet oracle sur la montagne : Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés ^. Vous serez parfaitement rassasiées, si vous n'avez que cet unique désir. Il vous donnera à boire de cette eau vive qui éteindra votre soif. Demandez-lui comme la Samaritaine ^, et il vous donnera cette eau dont je vous parle, qui n'est autre que la grâce, de laquelle il veut remplir vos âmes dans cette fonction sainte que je viens exercer chez vous : car si nous ne méritons pas que ces eaux soient en nous pour nous-mêmes ^, nous les avons toutefois pour les répandre dans les autres. I.a source en est dans l'Église : elle est dans mon ministère pour les épancher dans vos cœurs, puisque par mon caractère et en qualité de son ministre, quoique indigne, je vous représente sa personne. Vous en serez toutes pénétrées dans cette action sainte, si vous n'y apportez qu'un esprit soumis et détaché de toutes choses.
La grâce est, selon la théologie, une qualité spirituelle que Jésus-Christ répand dans nos âmes, laquelle pénètre le plus intime de notre substance, qui s'imprime dans le plus secret de nous-mêmes, et qui se répand dans toutes les puissances et les facultés de l'âme qui la possède intérieurement, la rend pure et agréable aux yeux de ce divin Sauveur, la fait être son sanctuaire,