Pas de manuscrit. Ce Précis
272 PRÉCIS d'un discours
parce que les personnes qui nous écoutent ne sont pas capables d'en recevoir davantage, soit parce qu'il n'appartient qu'à Dieu d'en communiquer beaucoup. [De nous-mêmes, nous ne saurions conférer aux autres la moindre grâce ; c'est Dieu, comme dit l'Apôtre ^, qui nous en rend capables. Et vous voyez par là combien vous êtes intéressées à demander pour nous à l'auteur de tout don, qu'il prépare nos cœurs et les vôtres, afm que nous puissions produire des fruits abondants parmi vous.]
Ce souverain Seigneur sait, mes Filles, si j'ai désiré d'un désir cordial et dans la sincérité de mon cœur de m 'entretenir avec vous. Sans me comparer pourtant au grand Apôtre, je vous prie donc d'agréer le peu que je vous offrirai, puisque Dieu donne beaucoup à celui qui reçoit peu.
Vous devez retirer trois fruits de la visite. Le premier nous regarde, vous et moi. C'est la mutuelle consolation qui nous revient : à vous, de la sollicitude de votre pasteur ; à moi, de votre simple confiance ; à vous, de la promptitude de votre obéissance ; à moi, de la joie que j'éprouve à penser que vous serez ma couronne dans le ciel et sur la terre, par un sincère amour pour Dieu.
Le deuxième fruit de la visite sera de vous faire estimer votre âme d'après le soin que Jésus-Christ lui même en a pris. Il n'a pas cru trop donner que de nous racheter au prix de son sang, quoique nous fussions à lui par la création. Il est descendu du ciel pour conduire ses brebis les plus fortes par la main et pour placer les autres sur ses épaules, afin d'en supporter la charge, non en partie, mais entièrement, donnant le lait aux enfants et le pain aux forts.
Mais croyez-vous que cette sollicitude soit morte sur la terre? Non, mes Filles, regardez-le à la droite de son père et voyez le soin qu'il prend encore de son Église, dont il a laissé la conduite aux apôtres et aux évêques, successeurs des apôtres. Écoutez-le: dans l'Apocalypse, il dit à saint Jean : Écris à VÉgUse d'Éplièse,