II Cor.. II
à rÉgJise de Thyatire, à VÉglise de Laodicée, etc. Voilà quel est son soin.
Tout notre malheur vient de ce que nous ne nous estimons pas assez, si l'on peut reprocher cela à des honnnes orgueilleux et superbes ! Non, nous n'estimons pas assez nos âmes ! Vous devez donc reconnaître votre noblesse. O noblesse de l'âme ! Elle est capable de Dieu, de Dieu le Père, de Dieu le Fils, de Dieu le Saint-Esprit ! Une âme remplie de Dieu, capable de Dieu ! Quelle capacité ! Quelle grandeur ! Capable de jouir de Dieu dans l'éternité ! Ha ! une âme capable de Dieu, qui goûte Dieu, pourrait-elle avoir, je ne dis pas un désir, une pensée, je dis seulement un regard pour les créatures ! Elles ont des douceurs, je l'avoue, mais ces douceurs sont indignes d'une âme qui possède le goût de Dieu. C'est pour cela que vous devez avoir les yeux baissés pour ne voir que la terre, votre origine et votre tombeau ; mais le cœur doit être au ciel et à Dieu.
Ee troisième fruit de la visite doit être l'amour de votre vocation, qui vous élève à un si haut état que les saints Pères, les grands martyrs, parlant des vierges, les ont appelées la plus noble portion du troupeau de Jésus-Christ. Ces paroles sont de saint Cyprien. C'est pourquoi vous voyez que nous abandonnons toutes nos affaires pour appliquer tous nos soins, toutes nos sollicitudes à vaquer à votre perfection. Considérez, mes Filles, l'estime que vous devez faire de cet état saint, qui vous consacre à Dieu, qui vous cache au monde, qui vous rend petites, méprisables aux yeux de cet ennemi de Jésus-Christ. Au reste, il vous méprise en quelque manière, s'il vous estime; il vous méprise parce qu'il ne vous voit pas, parce qu'il ne vous connaît pas. Il ne sait ni ce que vous êtes, ni ce que vous faites. Vous êtes, comme dit saint Paul, connues et non connues. Ee monde était indigne de vous, c'est pourquoi Dieu vous en a retirées pour vous unir à lui et vous rendre dignes de lui, qui seul est digne de vous! Ha ! méprisez aussi le monde, et, toutes petites à vos yeux, goûtez les saintes délices qui se trouvent dans les pratiques de votre état, dans l'humble pauvreté,
Sermons de Bossuet. — VI. - 18