I Cor., VII. 32 et seq
satisfaire la nature et la concupiscence, el; que vous soyez comme des anges par la pureté de vos pensées. Il faut avoir cette pureté de corps et d'esprit, pour ne pas souffrir la moindre affection sensible et humaine : il faut qu'il n'y ait rien entre Jésus-Chrish et l'âme, entre l'époux et l'épouse; il faut être pures comme les anges, afin de pouvoir être dignes d'être présentées devant Je trône de Dieu.
Quelle doit être enfin, mes Filles, votre obéissance? Elle ne doit pas seulement être extérieure et pour quelque temps, mais toujours la même et perpétuelle, accompagnée des sentiments du cœur, de l'esprit et de la volonté. Car qu'est-ce qu'une obéissance extérieure et forcée? On dira : Il faut obéir seulement à l'extérieur ; car, si je me révolte et que je marque de l'empressement, on ne m'accordera pas ce que je demande, parce qu'on pourrait croire que je suis préoccupée de passion ; il faut avoir encore patience trois mois : on verra ce qu'il fera. On met ainsi des bornes, et on marque l'obéissance jusqu'à un certain temps. Est-ce là une obéissance? ou plutôt, pour la bien nommer par son propre nom, n'est-ce pas une vraie désobéissance?
Je demande de vous, mes Sœurs, une obéissance et soumission d'esprit parfaite. Il faut prendre ce glaive dont Jésus-Christ parle dans son Évangile ^, cette épée, ce couteau à deux tranchants qui divise le corps d'avec l'esprit ^5 qui coupe, qui tranche, qui sépare, qui anéantisse la volonté, le jugement propre. Quand on veut ouvrir un corps, on se sert des rasoirs les plus fins et les plus délicats pour couper et séparer les muscles des nerfs, des tendons ; on fouille partout dans les entrailles, jusqu'au cœur et aux veines les plus délicates; on sépare et on divise tout, jusqu'aux moindres petites parties ^. Ainsi il faut prendre cette épée à deux tranchants, qui coupe de tous côtés, à droite et à gauche, qui sépare et divise, qui anéantisse et retranche tout ce qui est contraire à l'obéissance, jusqu'aux moindres fibres.