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la conscience, et qu'elle considère si elle a cet esprit de pauvreté exact et détaché de tout, et même du désir d'avoir et de posséder quelque chose.
La pauvreté ne consiste pas seulement à vous dépouiller de tous les biens et de toutes les commodités superflues et inutiles, mais encore du plus intime de l'âme, par un dépouillement entier de toutes les pensées, désirs et affections aux choses du monde. Ce ne serait pas avoir une véritable pauvreté, si l'on avait le moindre désir et attachement pour les choses de ce monde et si l'on se portait d'inclination à ce qui est des biens de la terre. Car remarquez ce que dit saint Paul : Une vierge ne doit s'occuper que du soin des choiics du Seigneur, et de ce qui peut lui plaire ^. Si vous avez donc un désir, je dis un simple désir, des choses de la terre, vous n'avez point la véritable pauvreté, qui demande un dégagement entier des moindres attaches, puisqu'elle ne vous permet pas un simple retour vers les choses de la terre, pour votre propre satisfaction ; mais il faut que toute affection étrangère soit anéantie en vous, pour que votre cœur soit tout rempli de l'amour de votre divin Époux. Voilà une pensée bien profonde et une grande perfection à laquelle vous devez tendre, et à quoi vous devez faire de sérieuses réflexions.
Vous ne devez pas ignorer ce que c'est que d'embrasser la perfection évangélique, de faire des vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance, puisque vous vous êtes engagées volontairement. Donc, par la pauvreté intérieure et extérieure que vous avez vouée, vous avez renoncé aux biens, aux honneurs et aux plaisirs. Ce n'est donc pas pratiquer la pauvreté que d'avoir quelque chose en propre, parce que cela serait contraire à la perfection de votre état, qui exige que vous soyez dégagées de tout.
Venons à la chasteté. La chasteté demande de vous une séparation entière de tout plaisir ; c'est à dire, en un mot, ne pas donner la moindre satisfaction aux sens extérieurs, et renoncer absolument à tout ce qui peut