Matth., xxTii, 37. il me sembla que je voyais venir un
2. Sans abonder dans la rhéto- autre chien fort grand et fort horririque ampoulée dont l'abbé Maury ble, qui, s'étant approché du petit est le modèle dans son Essai sur poussin, l'avait en un moment enréloqueïice de la chaire; ^ans décon- glouti. Je courus incontinent à lui vrir ici (( toutes les allégories d'une pour lui ôter le petit poulet ; et, imagination riche et brillante, » on comme je voulais lui ouvrir la admirera à bon droit la portée de gueule, j'entendis quelqu'un qui cette phrase par rapport à ce qui va disait : « C'en est fait, il l'a avalé. )> suivre. Yoici le récit de la Palatine, — (( Non, dis-je, il ne l'est pas enque l'orateur ne pouvait songer à core. » Et en effet il me sembla que reproduire textuellement : (( J'étais je lui ouvris la gueule, et que je donc dans ce déplorable état, me retirai ce petit animal, que je pris considérant comme ime personne entre mes deux mains pour le réréprouvée et presque sans espérance chaiiffer, car il me paraissait tout de salut, lorsque, sur les cinq heures hérissé et presque mort. J'entendis du matin, je m'endormis et songeai encore quelqu'un qui me disait : (( Il que je voyais une poule suivie de faut le rendre au chien. Cela le plusieurs petits poussins, dont l'un, gâtera, de [le] lui ôter. » — «Non, s'étant égaré, venait sauter sur une répondis-je, je ne [le] lui rendrai grosse béte endormie qui était cou- jamais ; on lui donnera d'autres chée toute plate à terre, comme une viandes.» En ce moment, je m'éveilmanière de chien. Je considérais ce lai, et l'application de ce songe se petit animal qui lui montait sur le fit en un instant dans mon âme, dos et qui se jouait sur lui, et je comme si l'on m'eût dit : (( Si vous, pensais en moi-même qu'il était bien quiètes mauvaise...»
hardi, et que, si ce chien se réveil- Bossuet a été prendre d'une main
lait, il était perdu. Au même temps, siire un petit nombre de traits si-
d'an NE DE GONZAGUE. 311
Un d'eux s'étant écarté, notre malade le voit englouti par un chien avide. Elle accourt, elle lui arrache cet innocent animal. En même temps, on lui crie d'un autre côté qu'il le fallait rendre au ravisseur, dont on éteindrait l'ardeur en lui enlevant sa proie \ Non, dit-elle, je ne le rendrai jamais. En ce moment, elle s'éveilla, et l'application de la figure qui lui avait été montrée se fit en un instant dans son esprit, comme si on lui eût dit : Si vous, qui êtes mauvaise ^, ne potivez vous résoudre à rendre ce petit animal que vous avez sauvé, pourquoi croyez-vous que Dieu, infiniment bon, vous redonnera au démon après vous avoir tirée de sa puissance ? Espérez, et prenez courage. A ces mots, elle demeura dans un calme et dans une joie qu'elle ne pouvait exprimer, comme si un ange lui eût appris, ce sont encore ses paroles, que Dieu ne V abandonnerait pas. Ainsi tomba tout à coup la fureur des vents et des flots à la voix de Jésus-Christ qui les menaçait ^ ; et il ne fit pas un moindre miracle dans l'âme de notre sainte pénitente, lorsque, parmi les frayeurs d'une conscience alarmée et les douleurs de Venjer ^,, il lui fit sentir tout à coup par une vive confiance, avec la rémission de ses péchés, cette paix qui surpasse toute intelligence '\ Alors une joie céleste saisit tous ses sens, et les os humiliés tressaillirent ^. Souvenez-vous, ô sacré Pontife, quand vous tiendrez en vos mains la sainte victime qui ôte les péchés du monde, souvenezvous de ce miracle de sa grâce. Et vous, saints prêtres, venez; et vous, saintes Filles '^, et vous. Chrétiens; venez aussi, ô pécheurs : tous ensemble commençons d'une même voix le cantique de la délivrance, et ne cessons de répéter avec David que Dieu est bon, que sa miséricorde est éternelle ^ .
Il ne faut point manquer à de telles grâces, ni les recevoir avec mollesse. La princesse Palatine change
gnilicatifii : tout a été résumé, sans 3. Marc, iv, 39 : Luc, viii, 24.
qu'il y ait rien à regretter de ce 4. Ps. xvii, 6.
qu'il a laissé. 5. Philip., iv, 7.