‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 205 sur 538 · Dans ce qui précède, l'orateur d'Anne de Gonzague · texte numérisé non relu

Dans ce qui précède, l'orateur d'Anne de Gonzague

voilà, mes chères Sœurs, vous le connaissez, le voilà, ce pur amour que Dieu lui-même répand dans les cœurs, avec toutes ses délicatesses et dans toute sa vérité. La voilà, cette crainte qui change les cœurs ; non point la crainte de l'esclave qui craint l'arrivée d'un maître fâcheux, mais la crainte d'une chaste épouse qui craint de perdre ce qu'elle aime. Ces sentiments tendres, mêlés de larmes et de frayeur, aigrissaient son mal jusqu'à la dernière extrémité ; nul n'en pénétrait la cause, et on attribuait ces agitations à la fièvre dont elle était tourmentée. Dans cet état pitoyable, pendant qu'elle fee regardait comme une personne réprouvée et presque sans espérance de salut. Dieu, qui fait entendre ses vérités en telle manière et sous telles figures qu'il lui plaît, continua de l'instruire comme il a fait Joseph et Salomon ; et, durant l'assoupissement que l'accablement lui causa, il lui mit dans l'esprit cette parabole si semblable à celles de l'Évangile. Elle voit paraître ce que Jésus-Christ n'a pas dédaigné de nous donner ^ comme l'image de sa tendresse, une poule devenue mère, empressée autour des petits qu'elle conduisait ^.

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