‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 233 sur 538 · La même idée est exprimée dans pour les battre en brèche · texte numérisé non relu

La même idée est exprimée dans pour les battre en brèche

la lettre que l'archevêque de Reims, 5. C'est-à-dire la juridiction ecclé-

au nom de l'assemblée de 1682, siastique. Les légistes avaient enfin

écrivit au Pape, et dans celle qui fut renoncé à des prétentions qui com-

Tédigée par Bossuet après la réponse pliquèrent en 1682 la question de la

d'Innocent XI {Correspondance de régale.

Bossuet, t. II, p. 434, 455 et 458. Cf. *6. Le sacrement de mariage,

plus haut, p. 191). -^ Ephes., v, 32.

4. Il s'agit bien de la clôture des g. Charles- Maurice Le Tellier, couvents, et non, comme M. Jacqui- archevêque de Reiras, second fils du rietlimagme, de « tout le corps de chancelier. Louvois avait eu plus l'Eghse, » de « tous ceux desquels haut son éloge ; il tardait peut-être

Sermons de Bossuet. — YI. 23

autant qu'agréable intercesseur auprès d'un père porté par lui-même à favoriser l'Église, il sait ce qu'il faut attendre de la piété éclairée d'un grand ministre, et il représente les droits de Dieu sans blesser ceux de César. Après ces commencements, ne pourrons-nous pas enfin espérer que les jaloux de la France n'auront pas éternellement à lui reprocher les libertés de l'Église toujours employées contre elle-même ^ ? Ame pieuse du sage Michel Le Tellier, après avoir avancé ce grand ouvrage, recevez devant ces autels ce témoignage sincère de votre foi et de notre reconnaissance, de la bouche d'un évêque trop tôt obligé à changer en sacrifices pour votre repos ceux qu'il offrait pour une vie si précieuse. Et vous, saints évêques, interprètes du ciel, juges de la terre, apôtres, docteurs et serviteurs des Églises; vous qui sanctifiez cette assemblée par votre présence ; et vous qui, dispersés par tout l'univers, entendrez le bruit d'un ministère ^ si favorable à l'Église, offrez à jamais de saints sacrifices pour cette âme pieuse. Ainsi puisse la discipline ecclésiastique être entièrement rétablie ; ainsi puisse être rendue la majesté à vos tribunaux, l'autorité à vos jugements, la gravité et le poids à vos censures! Puissiez-vous, souvent assemblés au nom de Jésus-Christ, l'avoir au milieu de vous et revoir la beauté des anciens jours! Qu'il me soit permis du moins de faire des vœux devant ces autels, de soupirer après les antiquités devant une compagnie si éclairée, et d'annoncer la sagesse entre les parfaits^! Mais, Seigneur, que ce ne soit pas seulement des vœux inutiles ! Que ne pouvons-nous obtenir de votre bonté, si, comme nos prédécesseurs, nous faisons nos chastes délices de votre Écriture, notre principal exercice de la prédication de votre parole, et notre félicité de la sanctification de votre peuple; si, attachés à nos troupeaux par un saint amour, nous

au prélat habile, mais hautain, d'en- 2. C'est-à-dire, qui entendrez partendre le sien. 1er du ministère de Le Tellier. — Il 1. Ce n'étaient pas seulement (des y a ici dans le mot ministère une jaloux de la Frnnce » qui pouvaient fâcheuse amphibologie, qui s'augparler des libertés de V Eglise g alli- mente de l'emploi de bruit sans cane. Les faveurs de Louis XIV épithète, pour signifier bruit gloavaient en partie pour but de ré- rieux, renommée. pondre à ce reproche. 3. I Cor., ii, 6.

craignons d'en être arrachés ^ ; si nous sommes soigneux de former des prêtres que Louis puisse choisir pour remplir nos chaires ^ ; si nous lui donnons le moyen de décharger sa conscience de cette partie la plus périlleuse de ses devoirs, et que, par une règle inviolable, celix-là demeurent exclus de l'épiscopat qui ne veulent pas y arriver par des travaux apostoliques ! Car aussi comment pourrons-nous sans ce secours incorporer tout à fait à l'Église de Jésus-Christ tant de peuples nouvellement convertis ^, et porter avec confiance un si grand accroissement de notre fardeau ? Ha ! si nous ne sommes infatigables à instruire, à reprendre, à consoler, à donner le lait aux infirmes et le pain aux forts, enfin à cultiver ces nouvelles plantes, et à expliquer à ce nouveau peuple la sainte parole, dont, hélas! on s'est tant servi pour le séduire, le fort armé chassé de sa demeure reviendra plus furieux que jamais, avec sept esprits plus malins que lui, et notre état deviendra pire que le précédent ^ ! Ne laissons pas cependant de publier ce miracle de nos jours; faisons-en passer le récit aux siècles futurs. Prenez vos plumes sacrées, vous qui composez les annales de l'Église : agiles instruments d'un prompt écrivain et d'une main diligente '% hâtez-vous de mettre Louis avec les Constantin et les Théodose ®. Ceux qui vous ont précédé [sj dans ce beau travail racontent qu'avant qu'il y eût des empereurs dont les lois eussent ôté les assemblées aux hérétiques^ les sectes de7neuraient unies et s' entrete7iaient longtemps. Mais, poursuit Sozomène, depuis que Dieu suscita des princes chrétiens, et qu'ils eurent défendu ces conventicules , la loi ne permettait pas aux hérétiques

1. Un évêque qui résidait, quoi- Meaux, où le zèle et l'éloquence qu'il eût ses entrées et même des du grand évêque substituaient aux fonctions à la Cour, prêche aux moyens violents le dévouement et autres la résidence. Il y avait des la persuasion {Ci. Hititoire critique prélats de cour, qu'il fallait, lors- de la Prédication de Bossuet. p. P)L3qu'ils tombaient en disgrâce, exiler 325.)

dans leur diocèse. 4. Luc, xi, 21, 24, 25, 26.

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