‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 252 sur 538 · Ps. cvii · texte numérisé non relu

Ps. cvii

PAROL?:s A 1/OCCASIOX

chez les Ursulines de Meaux, vers 168G.

Voici le titre complet que Deforis avait transcrit sur la copie de la religieuse elle-même : Paroles saintes de mon illustre Pasteur, Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, la veille et le jour de ma profession. Il ne nous a pas donné le nom de cette pieuse professe ; mais il faut lui savoir gré de nous avoir conservé ce témoignage du respect « que ces bonnes religieuses avaient pour les instructions de leur digne Pasteur. » Rien ne permettant de préciser absolument la date, nous plaçons ces courtes allocutions à la suite de celles qui furent adressées à cette même communauté d'ursulines.

A VînteiTogation, hors la clôture.

Vous avez raison, ma Fille, d'appeler et d'estimer heureux le jour de votre profession. Il est heureux pour vous, puisque vous y serez faite l'épouse de Jésus- Christ ; mais faites-y bien réflexion, et voyez à quoi vous allez vous engager. Ne croyez pas que vous serez exempte de peines dans la religion : ce serait un abus que de le prétendre, puisque c'est un continuel sacrifice de mort à soi-même, et que la nature y souffre beaucoup ; mais il n'importe, ne l 'écoutez pas; car autrement vous ne ferez jamais rien. Si vous avez de la peine, à la bonne heure, vous en aurez plus de mérite ; et Dieu vous donnera toujours ses grâces, pourvu que vous lui soyez fidèle. En voilà une bien grande qu'il vous fait, de vous appeler à la sainte religion: correspondez-y fidèlement. Vous faites bien, ma Fille, de vivre dans la crainte, car l'homme doit continuellement se défier de soi-même. Il ne faut cependant pas qu'elle soit excessive, car il y aurait de la recherche de soi-même, et cette si grande crainte pourrait provenir d'une âme

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