PAROLES
lâche, qui a peur de travailler. C'est bien fait, ma Fille, d'être toujours en crainte, pourvu qu'elle soit filiale, et non point servile ; et pour y éviter les extrémités, ayez continuellement recours à Dieu, et vous combattez vous-même, puisque ce n'est qu'après le combat que l'on remporte la victoire : soyez toujours humble et docile, vivez dans l'obéissance, et vous n'aurez point toutes ces craintes.
A mes demandes, après le sermon \
Vous voilà, ma Fille, pleinement instruite des obligations que vous allez contracter avec Jésus-Christ par le moyen de vos vœux. Vous voyez à quoi ils vous obligent : comme par le vœu de pauvreté vous renoncez pour jamais aux biens, aux pompes et à toutes les richesses du monde ; comme vous devez renoncer par le vœu de chasteté à tous les plaisirs et contentements du siècle, en vous séparant même du plus petit par une mortification générale de tous vos sens ; enfin vous avez entendu que, par l'obéissance, vous devez consacrer votre cœur, votre volonté, et tout ce qui est en vous jusqu'au fond de vos entrailles, pour n'avoir plus désormais d'autre volonté que celle de vos supérieures. C'est ce qui vous vient d'être prêché si saintement.
Ma Fille, retenez toutes ces vérités profondes, et ne les oubliez jamais ; gravez-les dans votre esprit et dans votre cœur, afin d'animer toutes vos opérations et de vous établir sur ces principes solides pendant tout le cours de votre vie religieuse. C'est, ma Fille, la prière que je vais faire à Dieu pour vous dans le reste de cette cérémonie, en vous aidant à achever votre sacrifice. Unissez-vous à nous de tout votre cœur : « Det tïhi Deiis in hoc sancto proposito perseverantiarrt : Que Dieu vous donne la persévérance dans cette sainte résolution.»