‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 258 sur 538 · Lâchât ; plus de semblance. — cisti · texte numérisé non relu

Lâchât ; plus de semblance. — cisti

DE LA FEMiME ADULTÈRE. 389

assez impudente ^ ; on ne rougit que de conserver quelque reste de pudeur. Ha ! malheureuse, tu as élevé le signe de ta prostitution : les enseigne [s] de la vanité, du luxe, etc. Les Chaldéens, les Égyptiens : prostituée et abandonnée sans mesure. Je te livrerai à tes amants, afin qu'ils te perdent, qu'ils te ravagent : tes mauvaises inclinations.

Mais voici le comble : tu es semblable à ta mère, à la gentilité, dont tu es sortie. Tu as justifié Sodome, ta sœur aînée, le judaïsme, Jérusalem, Sodome spiritnelle où leur Seigneur a été crucifié ^ ; et Samarie, ta jeune sœur, l'hérésie, toujours postérieure à l'Église. Ditesmoi qui de mes prédécesseurs ^ . . . Vous méprisez cette chaîne de la succession : c'est assez d'avoir, dites-vous *, la succession de la doctrine. O faiblesse! comme qui dirait : Je veux garder les eaux, je ne me soucie pas du canal. Tu as justifié Sodome, ta sœur aînée, le judaïsme : le Juif a crucifié le Seigneur de la gloire ; mais, sHls U avaient connu, dit saint [Paul] "", ils ne r auraient jamais fait ^ : tu le crucifies, le sachant et le connaissant pour tel. Fidèles à Moïse, qui est: loué dans toutes les synagogues, qui leur a imposé un joug de fer que ni nos pères ni nous, n^ avons pu porter ^ ; et nous, infidèles à Jésus, dont le joug est si doux et le fardeau si léger.

Mais comment Samarie, la cadette? Elle a méprisé l'Église; séparée de sa communion : grand crime, mais tu l'as justifiée : croire l'Église, et point vivre selon l'Église. Elle a méprisé le carême ; et toi, ou tu ne le fais pas, le croyant d'obligation ; ou tu le fais judaïquement. Tu l'as justifiée : car est-ce que ce[sj viandes sont impures? Non, il fallait s'abstenir des jeux, des plaisirs ; du moins des péchés, des médisances. Elle a retranché la confirm[ation] contre, etc. ; tu la justi-

1. Cf. : Et pudet non esse impu- succession de la doctrine. — En dentem (S. Aug.. Confes.. II, ix). inventant ainsi, quand on ne pou-

2. Apoc, XI, 8. vait lire, on prêtait à Bossuet une 8. Phrase inachevée, dont le sens pensée absolument contraire à la

est aisé à deviner : l'évêque de sienne.

Meaux demandera à son auditoire 5. Ms. : dit saint Pierre,

si un seul de ses prédécesseurs peut 6. I Cor., ii, 8.

être réclamé par les protestants. 7. A et., xv, 10. 4. Lâchât : d'avoir Dieu, non la

390 HOMÉLIE SUR l'Évangile de la femme adultère.

fies. L 'extrême-onction, pas mourir comme entre les mains des apôtres ; tu la justifies. Le sacrement de pénit[ence] contre, etc. ; tu la justifies. Sacrement ^ : Je ne veux croire que ce que je vois, etc. ; tu l'as justifiée, le croyant et le profanant. On devrait connaître sa présence à ton respect, comme le roi où l'on voit la cour découverte et respectueuse ; tu l'as justifiée. Appuyer sur l'un et sur l'autre : sur le tort de l'hérésie et le plus grand tort des catholiques, qui méprisent.

Tout parcouru : Quelle espérance pour toi ? Ha ! dit le Seigneur, je me souviendrai des jours de ta jeunesse, je renouvellerai mon pacte, ma foi que je t'ai donnée. Ce n'est pas elle qui revient, c'est Dieu. Exhortation à écouter sa voix. Plus distinguer les anciens et les nouveaux catholiques ; abolir ces restes de division . Je ne me relâcherai pas^, je reviendrais du tombeau. J'ai un second, le Roi : humble sujet partout ailleurs, dans la religion j'ose dire que le Prince ne va que le second.

L L'Eucharistie. toire critique de la Prédication de

2. Sur le grand nombre de ser- Bossuet (p. 340-342 de la seconde

mons prêches à cette époque, mais édition ; cf. 315 et suiv.).

perdus pour nous, voy. notre His-

HOMELIE

Page 1