‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 259 sur 538 · SUR L'ÉVANGILE DE L'AVEUGLE-NÉ · texte numérisé non relu

SUR L'ÉVANGILE DE L'AVEUGLE-NÉ

Mercredi, 27 mars 168G.

Ce nouveau canevas "^ est de la même époque que le précédent. Les ressemblances de quelques détails, qui avaient tenté Deforis de ne faire qu'un sermon des deux, paraissent exclure l'idée qu'ils aient été destinés au même auditoire. Il est plus probable que celui-ci a été développé à Meaux même.

Si cœci essetis 2, [non haberetis peccatum ; nunc vero dicitis : Quia mdemus ; peccatum vestrum manet.}

(Joan., IX, 41.)

Raconter l'histoire, dans le dessein de rendre les pharisiens odieux. Peser les circonstances qui les font voir incrédules et déraisonnables ; et puis faire voir au peuple que cette haine qu'ils ont contre les pharisiens^ se tourne contre eux. Peccatum vestrum manet.

Malheur d'un évêque qui prêche ; soit qu'il se taise, soit qu'il parle.

S'il se tait, il se condamne : Speculatorem dedi te domui Israël (Ezech., m, 16, etc.* fort au long; et peser. Item, xxxiii, 2...) Tu as délivré ton âme; son sang est sur lui. Je redemanderai son sang ''de tes mains ^. Faible consolation pour une mère affligée : J'ai fait ce que j'ai pu.

1., M?, fr. 12822. fos .%4-357. In-4, 4. Ici encoie on a corrigé : (( 17,

— Edit. modernes : Mercredi de la etc. )> Mais il ne s'agissait pas de la

TV« semaine de Carême. Bossuet a référence des mots latins qui précè-

écrit pour titre : Aveugle-né. dent : Bossuet se reporte à tout le

2. Le manuscrit ne donne que les passage (16-22). — Ce qui suit n'apremiers mots : Si cœci essetis, etc. vait pas été mieux compris : l'ora-

0. Édit.: contre Jésus. — Corrigé teur a en vue un autre chapitre, où

à contresens : on a cru que ils se se rencontrent des textes analogues

rapportait aux pharisiens : ce pro- à ceux-ci.

nom ?e rapporte (par syllepse) à. ô. Ms. et édit. : ton sang.

peuple, pris comme collectif; de 6. Ezech., m, 18-21; xxxill,

même eux. 4, (5, 9.

392 HOMÉLIE SUR L 'ÉVANGILE DE l'aVEUGLE-XÉ.

S'il parle, il condamne \ Sermo quem locutiLs [sum], ille judicahit ^ ...

Sur cela : Peccatum vestrum rnanet.

Se jeter sur les catholiques, plus coupables parce que plus instruits.

Soror tua major, Samaria... ; soror... mirior..., Sodoma..., a dextris^. (Ezech., xvi, 46, tout au long.) « Tu les as justifiées, consolées : Consolans eas '*. » Fort appuyer.

Appliquer ensuite. Sodome la corrompue, votre sœur aînée : la Synagogue, l'ancienne Jérusalem, spiriUialiter Sodoma ^. La cadette, l'hérésie, Samarie, la schismatique et la séparée.

La première, notre ancienne. La seconde, nous l'avons vue naître à Meaux ^. Dans l'impureté de son sang. Elle n'en a point été lavée. Toute sanglante de son schisme.

Église catholique de Meaux, tu les as justifiées.

La Synagogue : elle a méprisé et crucifié Jésus-Christ mortel. Si cognovissent, nunquam Dominum gloriœ crucifixissent ^ . Nous, immortel et connu.

L'hérésie, elle croit figure ; toi, c'est Jésus-Christ même; afin que, le voulant, tu l'outrages.

La rémission des péchés, elle la nie ; toi, tu en abuses pour t'autoriser dans ton crime ; [tu] cherches à y être flatté, etc. Dénombrement.

Tu les justifies. Samaria dimidium peccatorum tuorum non peccavit ^.

Le péché des chrétiens, plus grand; des catholiques, des prêtres, et, puisqu'il faut aussi prononcer ma condamnation de ma propre bouche, des évêques.

Ergo et tu confundere, et porta ignomitiiam tuam ^. Contre la honte de confesser ses péchés. La condamnation et la gloire.

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