‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 283 sur 538 · Allusion au psaume Super 4. Var. : flatter · texte numérisé non relu

Allusion au psaume Super 4. Var. : flatter

Jlumina Bahylonis (cxxxvi). Les 5. Yar. : tromper. — Première

habitants de Babylone demandent rédaction (effacée) : u Quoi donc ! aux Hébreux transporté? en Assy- ai-je parlé une langue barbare ou,

[p. 50] Et je pourrais espérer que des âmes ainsi prévenues des ^ joies de la terre ~, entendissent les joies du ciel ^ !

Malheur à nous, malheur à nous, non pas à cause de ce déluge de maux dont la vie humaine est accablée, ni à cause de la pauvreté et des maladies, et de la vieillesse et de la mort ! malheur à nous à cause des joies qui nous [p. 51] trompent, qui obscurcissent nos yeux, qui nous cachent nos devoirs ^ et la fin malheureuse de tous nos desseins ! Malheur à une jeunesse enivrée qui se glorifie dans ses désordres et qui a honte de donner des bornes à ses excès ! Malheur au pécheur fortuné qui dit en son cœur aveugle : J'ai péché et que m^ est-il arrivé de triste^? Le Tout-Puissant l'attend au mauvais jour et, assuré de son coup, il ne précipite pas sa vengeance. Malheur à l'impie qui se délecte dans la singularité de ses sentiments ! Il craindrait de paraître faible s'il en revenait ; et, plus faible, il craint de perdre [p. 52] les vaines louanges de quelque ami qui, aussi peu résolu que lui sur les vérités [de] la vie future ^, [est] néanmoins bien aise de voir et d'éprouver jusques où l'on peut pousser l'apparence de la sûreté ^

inconnue ? Ai- je proféré un seul mot qui les cherchent^] usque devant les qui ne soit tiré de l'Écriture.et n'eiit- autels, qui veulent qu'on les leur ce pas là que j'ai puisé tout ce que fournisse même devant les autels). j'ai dit de cette joie céleste de la vie 3. Bossuet ajoutait d'abord : future ? Mais c'est peut-être pour « quand est-ce que nous verrons au cela qu'on ne m'entend plus ; le sortir des prédications, au lieu des cantique que j'ai chanté, c'est le contradictions souvent injustes ou cantique des joies célestes, c'est le des applaudissements souvent flatcantique de la bienheureuse et teurs, le recueillement sur les visatriomphante Jérusalem, et je suis ges, et dans les cœurs la componctout environné de Babylone. tout tion et le dégoût des joies de la terre! environné du monde, de ses vani- 4. Var. : nos obliofations. tés, de ses joies, de ses corruptions : fi- Var. : mal. — Eccli.. v, 4. chacun les apporte à ce saint lieu, à •'• ^ar. : sur la vie future. — ces saintes assemblées, à ces saints Effacé : à laquelle, pour toute raison, uiscours. Une âme vaine et curieuse ils objectent leurs railleries. — vient juger du prédicateur et le Tout le passage était d'abord au condamner sans miséricorde {var. : pluriel : (( ... les vaines louanges de et le renvoyer dans sa province), quatre ou cinq de ces prétendus s'il ne sait pas assez agréablement esprits... ils sont néanmoins bien flatter les tendres oreilles, ou sur- aises de lui voir faire V>onne conteprendre un siècle trop raffiné par nance et d'éprouver jusques oii... » quelque nouvel artifice. » 7. Sûreté, assurance, certitude.

1 . Préren nés des^occnpées d'avance ^^j, .^ns le cie! tout change, et les plus par, ayant des préventions pour. [valeureux

2. Première rédaction (effacée) : N'ont jamais sûreté d'être toujours heiides joies sensibles {var. : sensuelles, reux. (Corn., Surénn, UI. ii.)

POUR LA FÊTE DE LA CIRCONCISIOX. il5

au milieu de l'incertitude et du doute. Mais Dieu confondra bientôt leur vaine philosophie ; et, malgré cette honteuse dissimulation, il trouvera dans leur cœur de quoi les convaincre. Il n'y a point de paix pour rimpie \ dit le Seigneur. Malheur enfin à ceux qui vivent dans les délices, puisqu'ils sont morts tout vivants", comme dit l'Apôtre ! Jésus-Christ ne sera pas leur sauveur; car son royaume n'est pas de ce monde ^, et il ne l'a pas préparé à ceux qui veulent triompher sur la terre. Au contraire, c'est d'eux qu'il a prononcé cette sentence : Ils ont reçu leur consolation : et encore : Vous avez reçu vos biens '^. C'est ce que Jésus-Christ a toujours prêché en public et en particulier, aux peuples ° comme à ses disciples, dans toutes ses conversations et dans toutes ses paraboles. Quoi ! n'y aura-t-il que des [p. 53] excès dans son Évangile? n'aura-t-il jamais parlé qu'en exagérant? ou faudra-t-il forcer toutes ses paroles en faveur de nos passions et pour y trouver des excuses ?

Mais sans raisonner davantage, j'appelle*^ ici votre conscience : voulez-vous achever vos jours parmi ces plaisirs et dans ce continuel empressement? Répondezmoi, gens du monde ^, si vous n'avez pas encore oublié le christianisme. Je ne vous parlerai pas de ces [p. 54] commerces dangereux ^, ni de ces intrigues qui se mènent parmi ^ les ténèbres. Je ne vous parlerai pas de ces rapines cachées, de ces concussions, ni de tout ce négoce d'iniquité. Mais voulez-vous que la mort survienne pendant qu'appesantis ^^ par les soins du siècle ou dissipés par ses divertissements ^\ pendant qu'incapables de vous occuper ni du siècle à venir, ni de la prière, ni des œuvres de charité, ni d'aucune pensée sérieuse, vous ne songez qu'à remplir un temps qui vous

L Isa., XLViii, 2. part.

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