SUR LA MORT
le jour du décès de M. Mutel, leur confesseur.
M. Mutel 1, c( chanoine de la cathédrale, qui remplissait [à la Visitation] les fonctions de confesseur ordinaire depuis trentetrois ans, mourut le 14 juin 1689. » Cette date se lit dans les Souvenirs de Sainte-Marie, publiés en 1875 par Mgr A Hou, évêque de Meaux, d'après des Mémoires manuscrits des religieuses elles-mêmes. Louis XIV, apprenant la longue durée du ministère de ce saint prêtre, dit: « Il faut que cet homme ait bien du mérite, et que cette communauté vive dans une grande union. » M. Mutel avait une charité inépuisable pour les pauvres. Il avait demandé à assister les condamnés au dernier supplice, bien que sa grande sensibilité le rendît malade après chaque exécution. Le jour même de cette mort, Bossuet adressa aux Visitandines une allocution, qui nous a été conservée, du moins en substance 2, et imprimée dans les Lettres et opuscules, (Paris. 1748, 2 vol. in-12, t. II, p. 86. Cf. Deforis, t. VIII, p.542).
Le manuscrit français 1284, provenant de la Visitation de Meaux, nous fournit l'indication suivante : Discours que ce saint prélat nous fit le propre jovr de la mort de M. Mutelle (sic), notre très digne confesseur. Le Chapitre assemblé dans la chambre de communauté, il nous dit en y entrant :
Vous voyez, mes Filles, la fin de toutes choses : tout passe, tout nous quitte, tout nous abandonne, tout finit; et nous passons et nous finissons aussi nousmêmes.
C'est la mort ^, oui, c'est la mort qui finit tout, qui détruit tout, qui renverse tout et qui anéantit tout. Tout fait effort contre la mort, tout se révolte contre elle : les hommes, les bêtes mêmes emploient toutes
1. Etnon Mutelle. — Cette remar- celui des éditions. Nous le désigneque est du savant et obligeant bi- rons par F, et celui de l'édition de bliothécaire du Grand séminaire de 1748, par A. Nous indiquerons seule- Meaux, feu M. le chanoine Denis. ment les différences les plus impor-