Joan., VIII
ESQUISSE d'un sermon SUR LA CROIX. 481
VOUS ? comme si jamais ils n'en avaient ouï parler ; parce qu'ils ne croyaient pas en sa parole, ni au témoio^nage que son Père lui rendait. Il ne veut donc pas s'expliquer, et il leur répond d'une manière si obscure qu^elle fatigue tous les interprètes : Principium, qui et loquor vohis ^ ; discours ambigu et sans suite ; mais il ne les laisse pas ^ sans instruction. Vous ne me connaissez pas, parce que vous ne voulez pas me connaître : quand vous m'aurez exalté, vous connaîtrez qui je suis.
Allons donc à la croix, nous y trouverons qui est Jésus : le Fils de Dieu et le Rédempteur du monde, le roi, le vainqueur et le conquérant du monde, le docteur et le modèle du monde. Tous ses mystères, tous les attraits de sa grâce, tous ses préceptes.
I. Il ne fallait rien moins qu'un Dieu pour nous racheter. Descendre de l'infinie grandeur à l'infinie bassesse. Humilicivit semetipsum ^ : on ne peut pas abaisser ni humilier un ver de terre, un néant ; mais le Fils de Dieu non rapinam [arhitratns est esse se lequalem Deo, sed semetipsum exinanîvît, formant servi accipiens ^]. — Deus erat in Christo [mundum reconcîlians sihi^].
Il fallait donc [un] Fils de Dieu. Aussi ce centurion ^: Vere Filius Dei erat iste ^. Les impies disent : Si Filius Dei [es^, descende de criice... Si rex Israël est,~\ descendat... de cruce ^ : au contraire, qu'il y meure pour être le Rédempteur. Vraiment c'était le Fils de Dieu.
II. L'attrait : Sic Deus dilexit mundum ■^. Le conquérant du monde : [Et ego si exaltatus fuero a terra, omnia^ trahani ad meipsum ^^ . — [Nemo potest venire ad me,] nisi Pater... traxerit eum ^^. Ce parfum et ce baume : Trahe me,... curremus in odorem [unguento-