‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 347 sur 538 · N : toujours passer · texte numérisé non relu

N : toujours passer

savez donc pas qu'en aimant on acquiert de nouvelles forces pour aimer ^ ? Le cœur s'anime, se dilate ; le Saint-Esprit, qui le possède, lui inspire ^ de nouvelles forces pour aimer de plus en plus^. Ainsi vous n'aimez point de toutes vos forces, si vous n'aimez encore de ces nouvelles forces que vous donne le parfait amour. Il faut donc croître en amour pendant "^ tout le cours de cette vie : celui qui donne des bornes à son amour ne sait ce que c'est que d'aimer ; celui qui ne tend pas toujours à un plus haut degré de perfection ^ ne connaît pas la perfection, ni ^ les obligations du christianisme. Soyez parfaits ^, dit le Sauveur, comme votre Père céleste est parfait^. Pour avancer^ vers ce but, où l'on n'est jamais tout à fait en cette vie ^^', il faut croître en perfection, et ^^ toujours aimer de plus en plus. Je ne sais si, dans le ciel même, l'amour n'ira point ^^ toujours croissant, puisque l'objet qu'on aimera étant infini et infiniment parfait, il fournira à l'amour éternellement ^^ de nouvelles flammes. Si néanmoins il faut dire qu'il y a des bornes, c'est ^* Dieu seul qui les donne ; et comme, durant cette vie, on peut toujours avancer, toujours croître ^^, il le faut donc toujours faire, toujours dire : Je vais à mon Père; c'est-à-dire je marche non seulement ^^ pour y aller, lorsque j'en suis éloigné; mais, lors même que je m'en approche et que je m'y unis, je tâche de m'en approcher et de m'y unir davantage, jusqu'à ce que je parvienne à cette parfaite unité où je ne serai avec lui qu'un même esprit, où je lui serai tout à fait semblable, en le voyant tel

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