‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 382 sur 538 · Na : mutabilité. il n'y a peut-être été introduit que · texte numérisé non relu

Na : mutabilité. il n'y a peut-être été introduit que

3. Il est nécessaire d'ajouter cette par une distraction des copistes, conjonction ; ou de supprimer (( par 4. Luc, ix, 62.

DE m""^ cornuau. 537

Soyez ferme, ma Fille, et constante dans l'exécution de ce que vous avez promis à Dieu. Attachez- vous invariablement à la pratique de vos règles : marchez d'un pas égal dans le chemin où vous êtes entrée, ne vous détournant ni à droit, ni à gauche : allez toujours devant vous, comme ces animaux mystiques qui nous sont représentés dans Ézéchiel : Chacun d^eux marchait devant soi, dit le prophète ; ils allaient où les emportait Vimpétuosité de VEsprit, et ils ne retournaient point lorsqu'ils marchaient ^. Avancez donc sans cesse, ma Fille, et ne vous arrêtez jamais ; mais marchez tout droit devant vous : fuyez les extrémités, demeurez dans un juste milieu ; c'est là où consiste la vertu ; n'excédez ni à droit ni à gauche. On excède à droit, lorsqu'on se laisse aller à un zèle indiscret, et qu'on s'engage dans des actions qui, bien que bonnes en elles-mêmes, ne sont pas dans ^ l'ordre de Dieu par rapport à nous. On se détourne à gauche, lorsqu'on fait le mal ; et c'est là le lieu du démon, qui, nous y trouvant, nous fait rentrer sous sa tyrannie, comme il est rapporté dans l'Histoire ecclésiastique, de cette chrétienne dont le diable se saisit au théâtre ; car, étant interrogé comment il avait osé entrer dans une personne qui était consacrée à Jésus-Christ : Je Vai trouvée, répondit-il, dans un lieu qui m'appartient, et j'ai eu droit sur elle ^.

Évitez ce malheur, ma Fille ; fuyez jusqu'aux apparences du mal, et généralement tout ce qui peut vous détourner de votre voie ; gardez- vous du moindre relâchement. Ne vous laissez pas affaiblir, et attachez-vous toujours à celles de vos sœurs que vous connaissez plus ferventes et plus exactes. Je parle sans vues particulières, croyant toutes vos sœurs dans une exacte observance de leurs devoirs ; mais il n'y a point de maison, si sainte qu'elle soit, où il n'y ait des âmes plus fidèles à leurs obligations, désirant davantage la perfection de leur état, et d'autres plus faibles et plus portées à se retirer de la sainte sévérité de la règle. Éloignez-vous de celles-ci, ma Fille, si vous en rencontrez; secouez même contre elles la poussière de vos pieds, comme

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