Act., IV, 82, 35. 5. Na : nous soient-communs avec
3. Enarr. in Ps. cxxxi, n. 5 : nos frères. -Serwi. L, n. 4 ; Serin. CCCLVlll, n. 2.
C'est lui proprement qu'on doit aimer comme le bien commun, le bien souverain et infini. Il ne diminue point en se communiquant : il se donne tout à tous, et on ne se fait point de tort l'un à l'autre en le possédant : chacun le peut posséder tellement tout entier, qu'il n'empêche pas qu'un autre ne le possède de même.
Aimez-le, ma Fille, ce bien qui est le seul véritable, et la source de tout bien. Que votre cœur ne se partage jamais entre lui et la créature : c'est ce que vous lui avez promis par le vœu de chasteté. Qu'il possède seul votre cœur et toutes vos affections : ne souffrez rien d'étranger, ni rien qui profane un cœur qui lui est consacré. Brûlez pour lui d'un continuel et insatiable amour, et n'aspirez qu'à le posséder ; et le posséder, c'est être possédé de lui, et c'est là le pur amour.
Persévérez donc constamment dans la pratique des obligations où vous êtes engagée ; car c'est ce que Dieu demande encore de vous dans le même évangile, en disant à ses apôtres : En quelque maison où vous soyez entrés, demeurez-y, et n'en sortez point \ Voilà, ma Fille, le vœu de stabilité bien marqué dans ces paroles, ce vœu que vous avez prononcé à la face des autels.
Rien n'est plus inconstant que l'esprit humain, et rien n'est plus difficile que de le fixer. Aujourd'hui il veut une chose, et demain il en veut une autre. Ce qui lui plaisait le matin lui déplaît et lui est insupportable le soir : ses désirs, ses sentiments et ses vues changent presque à tout moment. Jésus-Christ, ma Fille, a voulu retenir cette instabilité ^ dans ses apôtres, en leur défendant de changer le lieu de leur demeure, et d'aller de maison en maison. Il nous fait voir par là combien l'instabilité lui déplaît dans ceux qui s'engagent à sa suite, [et] ^ par ce qu'il dit à cet homme qui, le voulant suivre, lui demandait de retourner dans sa maison pour quelques moments : Quiconque ayant mis la main à la charrue, regarde derrière soi, n'est pas propre au royaume de Dieu "*.