ALLOCUTION ADRESSÉE A M'"^ DE LIGNY
que nous sommes voyageurs et que nous allons à l'éternité ; marchons donc en diligence. Les justes doivent, en cette vallée de larmes, s'avancer de vertu en vertu jusqu'à ce qu'ils voient le Dieu des dieux en Sion ^. Hâtons-nous donc, car il commence de se faire tard, et nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à la perfection où Dieu nous appelle. Hâtons-nous de nous humilier, de nous mépriser nousmêmes, et de vouloir bien être méprisés des autres pour l'amour de Jésus-Christ. Hâtons-nous de nous mortifier, de renoncer à nous-mêmes ; que rien ne nous paraisse difficile à faire et à souffrir quand il s'agira de donner à Dieu des marques de notre amour. Hâton&-nous surtout de l'aimer : c'est là notre premier devoir. Celui qui sait aimer Dieu sait tout ce que Dieu veut qu'il fasse. Tout nous presse de nous livrer à l'amour de Dieu et du prochain : appliquons-nous donc à former Jésus- Christ en nous, et que cet objet soit le principe de toutes nos actions. Celui qui finira votre vie et qui fixera votre sort pour jamais doit vous trouver dans le même état où se trouva notre Maître en rendant son esprit ; il faut que vous puissiez dire ce grand Consummatum est. Alors tout sera fini pour vous : le temps sera écoulé, vos jours seront passés, et l'éternité vous ouvrira son sein pour vous y recevoir. Que ne voudrions-nous pas avoir fait alors? Humiliations, combats, tentations, privations, assujettissements, tout sera fini ; la violence continuelle que nous sommes obligés de nous faire pour pratiquer la vertu sera passée et finie. Tout sera consommé pour toujours ; une récompense infinie et au-delà de tout ce que nous pouvons prévoir, terminera nos travaux et nos sacrifices. »