‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 390 sur 538 · Ps. LXXXIII · texte numérisé non relu

Ps. LXXXIII

Sermons de Bossuet,

à la cathédrale de Meaux, 16 avril 1702.

Abrégé de toute la religion dans ces deux mots : I.e parfait Adorable et le parfait Adorateur ^.

Je veux (dit-il) que vous vous souveniez qu'un certain évêque, votre pasteur, qui faisait profession de prêcher la vérité et de la soutenir sans déguisement, a recueilli en un seul discours les vérités capitales de notre salut... C'est, en effet, (ajoiita-t-il) ce que je me propose tant qu'il plaira à Dieu de me conserver la santé.

Le parfait Adorable, c'est Dieu, le seul parfait. Le parfait se connaît par comparaison avec l'imparfait, car l'imparfait est tel par diminution du parfait. Or rien n'est plus connu que l'imparfait : notre intelligence est imparfaite, notre vertu est imparfaite ; mais il y a une intelligence parfaite : c'est Dieu, qui a dit de lui-même à Moïse : Je suis celui qui suis. Voilà le parfait Adorable, etc.

Il y a aussi le parfait Adorateur : c'est Jésus-Christ, fils de Dieu, qui est aussi lui-même parfait adorable et tout ensemble parfait adorateur et parfait adorable. Nous n'étions pas capables de rendre à Dieu une adoration parfaite. Son fils unique seul. Dieu comme le Père et sortant éternellement de son sein, pouvait seul lui rendre cette adoration et nous réconcilier avec lui depuis le péché.

Là, notre prélat a fait un récit abrégé de la vie, de la passion et de la mort de notre Sauveur.

1. C( Ce 16 d'avril, fête de Pâques, d'expliquer l'abrégé de toute la reli-

M de Meaux n'a pas été à matines, gion dans ces deux mots : Le parfait

mais il a dit la grand'messe, et il Adorable et le parfait Adorateur. ))

a fait la prédication l'après-dîner (Ledieu, t. II, p. 281). dans sa cathédrale. Son dessein était

— Mais comment (a-t-il interrompu) nous ramenezvous à la Passion le jour même de la Résurrection ! — Vous allez voir, mes Frères, pourquoi.

Alors il a insisté davantage sur V agonie de Notre- Seigneur et sur son abandon :

« Ut quid dereliquisti me ? Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissé? )> C'est le grand sacrifice du parfait Adorateur et sa soumission totale à la volonté de son Père ; par là il a mérité d'arriver à la résurrection glorieuse ; mais en ressuscitant il nous a ouvert à nous-mêmes le chemin à l'immortalité et à la résurrection. Il [ne] nous reste qu'à nous souvenir par où le parfait Adorateur est arrivé à cette gloire. Au milieu des plus grandes détresses, demeurons dans la soumission à la volonté de Dieu; c'est la parfaite adoration que nous lui devons et le moyen de ressusciter un jour nousmêmes dans l'éternité, etc. ^

1. « Puis M. de Meaux a fait l'of- tienne. » (Ledieu, p. 282). lice à vêprep, à complices et à l'an-

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