La Gazettede France,ll octobre 2. I Reg., xxi
1670. — Cf. Histoire critique de la 3. Ps. XXXIX, 5.
Prédication de Bossuet, p. 260.
Sermons de Bossuet. — VI. 1
senter. Donnez-moi pour cela, ô divin P^sprit, non des pensées délicates, ni un raisonnement suivi, mais de saints égarements et une sage extravagance, etc. [^re].
« Le monde, avec la sagesse humaine, n'ayant pas connu Dieu par les ouvrages de la sagesse, il a plu à Dieu de sauver par la folie de la prédication ceux qui croiraient en lui : In Del sapientia non cognovit miindus per sapientiam Deum ; placuit Deo per stultitiam prœdicationis salvos facere credentes ^ . y> Dieu donc, indigné contre la raison humaine, qui ne l'avait pas voulu connaître par les ouvrages de sa sagesse, ne veut plus désormais qu'il y ait de salut pour elle que par la folie. Ainsi deux desseins et deux ouvrages de Dieu forment toute la suite de son œuvre dans le monde. Ces deux ouvrages semblent diamétralement opposés entre eux : car l'un est un ouvrage de sagesse ; l'autre, un ouvrage de folie. L'univers est celui de la sagesse. Y a-t-il rien de mieux entendu que cet édifice, rien de mieux pourvu que cette famille, rien de mieux gouverné que cet empire ? Dieu avait dessein de satisfaire la raison humaine ; mais elle l'a méprisé, elle a méconnu son auteur : Vive Dieu ! dit le Seigneur, je ne songerai jamais à la satisfaire; mais « je m'appliquerai à la perdre et à la confondre : Perdam sapientiam sapientium . )> Et de là ce second ouvrage, qui est la réparation par la folie de la croix. C'est pourquoi il ne garde plus aucune mesure; et en voici la raison.. Dans le premier ouvrage. Dieu se contentait de se montrer ; et pour cela, la proportion y était nécessaire, comme devant être une image de sa sagesse et de sa beauté immortelle : c'est pourquoi « tout y est avec mesure, avec nombre, avec poids : Omnia in mensura, et numéro, et pondere\ » Il a étendu son cordeau, dit l'Écriture ^ ; il a pris au juste ses alignements pour composer, pour ordonner, pour placer tous les éléments. Ici, non content de se montrer, il veut s'unir à sa créature, c'est-à-dire l'Infini avec le fini : il n'y a plus de proportion ni de mesure à garder. Il ne s'avance plus que
l.ICor., I, 21. 3. Sap., XI, 21.