Var. : assemblage. ruiné, qui, dans ses masures renver
2. L. : assemblage monstrueux de sées, conserve encore quelque chose choses incompatibles ? est-ce un de la beauté et de la grandeur de énigme inexphcable ? son premier plan ? C'est cela, Mes-
3. Si Bossuet n'avait pas déjà usé sieurs, n'en doutez pas. L'homme d'expressions semblables, en 1662, était fondé solidement sur la coudans le Sermon sur la Mort (t. IV, naissance de Dieu...
p. 277 et 278), on pourrait croire 7. L. : Ou bien n'est-ce pas plutôt,
qu'il imite ici Pascal, dont les Pen- si je puis parler de la sorte, un reste
sées furent publiées en 1670. «Quelle de lui-même, une ombre de ce qu'il
chimère est-ce donc que l'homme ? était dans son origine, un édifice
quelle nouveauté, quel monstre, ruiné qui, dans ses masures renver-
quel chaos, quel sujet de contra- sées, conserve encore quelque chose
diction, quel prodige! » {Pensées, de la beauté et de la grandeur de sa
VIII, 1.) première forme ? Par sa volonté
4. C'est-à-dire de l'état dans dépravée, il est tombé en ruine... lequel il a été créé à l'origine. 8. Idée^ image. Dessin^ plan, mo-
5. ^sso?-<î atTC. On dit maintenant dèle. Le ms. porte dessein. (Voir assorti à. t. IV, p. 278).
6. Première rédaction:... est-ce 9. Bossuet avait déjà exprimé la un assemblage monstrueux? est-ce même idée, en 1604, dansun Ser77ion une énigme inexplicable ? ou bien pour la Pentecôte, (t. I, p. 556.) n'est-ce pas plutôt un bâtiment 10. L. : y reste encore si forte.
sa perte. Ainsi il est vrai qu'il a perdu Dieu; mais nous avons dit, il est vrai, qu'il ne pouvait éviter après cela de se perdre aussi lui-même \
L'âme qui s'est éloignée de la source de son être, ne connaît plus ce qu'elle est. Elle s'est embarrassée, dit saint Augustin ^, dans toutes les choses qu'elle aime, et de là vient qu'en ^ les perdant, elle se croit aussitôt perdue elle-même ^. Ma maison est brûlée ; on se tourmente ^, et on dit : Je suis perdu. Ma réputation est blessée, ma fortune est ruinée : je suis perdu. Mais surtout quand le corps est attaqué, c'est là qu'on s'écrie plus que "" jamais : Je suis perdu. L'homme se croit attaqué au fond ^ de son être, sans vouloir jamais considérer que ce qui dit : Je suis perdu, n'est pas le corps, car le corps de lui-même est sans ^ sentiment ; et l'âme qui dit qu'elle est perdue, ne sent pas qu'elle est autre chose que celui dont elle connaît la perte future ; c'est pourquoi elle se croit ^ perdue en le perdant. Ha ! si elle n'avait pas oublié Dieu, si elle avait toujours songé qu'elle est son image, elle se serait tenue à lui comme au seul appui de son être, et attachée à un principe si haut, elle n'aurait pas cru périr en voyant tomber ce qui est si fort au-dessous d'elle. Mais, comme dit saint Augustin ^°, s 'étant engagée tout entière dans son corps et dans les choses sensibles ^\ roulée et enveloppée parmi les objets qu'elle aime et dont elle traîne continuellement l'idée avec elle, elle ne s'en peut plus démêler, elle ne sait plus ce qu'elle est. Elle dit : Je suis une vapeur, je suis un souffle, je suis un air délié, ou un feu subtil • sans doute une vapeur qui aime Dieu ! un feu qui connaît Dieu ! un air fait à son image ! O âme, voilà le comble de tes maux : en te cherchant, tu t'es perdue, et toi-même tu te méconnais. En ce triste et malheureux état^^, écoutons la parole de Dieu par la
1. L. : faut pas s'étonner s'il est 8. L.: car il est de lui-même sans, après cela perdu lui-même. 9. L. : future, et se croit.