IV. — De la Vérité
Les ^ hommes haïssent la vérité qui les reprend : ils ne veulent pas la connaître, de crainte qu'elle ne les juge ; mais elle ne perd point son droit, et ils la perdent elle-même. Ceux qui nous reprennent nous signifient la sentence de Dieu contre nos vices. La loi qui est en Dieu la prononce ; les hommes qui nous reprennent la signifient ; la lumière de la conscience la veut mettre à exécution ^.
Rien ^ de plus commun dans la bouche des hommes que le mensonge, et que de prendre à témoin la première Vérité. Quiconque ment ne garde point la foi qu'il exige ; car il veut que celui à qui il ment lui soit fidèle dans la chose même sur laquelle il le trompe. Or celui qui viole la foi donnée est coupable d'une grande injustice.
La ^ médecine des âmes malades, c'est la parole de Jésus-Christ. Prendre cette médecine, c'est la lire avec respect et attention, y réfléchir, et la méditer en esprit de prière. Le fondement du salut, c'est de croire, et de s'unir non seulement à la vérité en général, mais encore à chaque vérité particulière qu'on lit, par un acte de foi qu'on fait dessus. Le commencement du salut, c'est lorsque ces vérités reviennent comme d'elles-mêmes dans la mémoire, et y ramènent l'attention à Dieu et au salut ; le fruit, c'est de vaincre ses passions, et de devenir plus fort et plus courageux par cette victoire ; l'effet accompli de ce remède céleste, c'est de rendre l'âme parfaitement saine. Elle le serait d'abord, si elle le voulait. Car, comme sa maladie est le dérèglement de sa volonté, sa santé serait parfaite par un seul acte parfait de sa volonté pour plaire en tout à Dieu. La force ne manque pas au remède : la parole de Jésus-