III. — Aveuglement des impies
Que ^ les impies nous disent de bonne foi s'ils sont assurés de ce qu'ils pensent ; si le consentement universel, si le changement si soudain de tant de peuples, le commencement si saint et si simple de la religion laisse aucun lieu de douter de la divinité de son origine. Qu'ils se regardent sur le point de passer à l'éternité, et qu'ils voient dans quelle disposition ils voudraient se trouver à ce dernier moment. Étrange aveuglement de l'homme, qui, tout penchant qu'il est à la mort, ne veut prendre qu'à l'extrémité les sentiments d'un mourant qu'elle inspire !
Vous vous plaignez de ce que Dieu ne vous a pas communiqué son secret. A qui voulez- vous que Dieu le dise? Quoi? qu'il parle à l'oreille à chacun, ou qu'il se montre à tout Iç monde? Pourquoi vous plutôt qu'un autre? Choisissez quels hommes vous désireriez que Dieu envoyât pour vous faire entendre sa parole : ce sont de ceux-là qu'il a pris. Où en trouveriez-vous de plus sincères, de plus propres à vous persuader? Et comment pouvez-vous leur prêter ce complot? Venez, leur faitesvous dire, associons-nous ; inventons une belle fable : disons que ce crucifié est le Fils de Dieu... Mais, si cela est véritable, comme tant de faits vous le prouvent, quelle est votre opiniâtreté de refuser de vous soumettre !
Ceux ^ qui blasphèment contre la Providence se révoltent contre elle parce qu'il la prennent pour une cause particulière des désordres qui régnent dans le monde.
1. Def ., cciii et cciv. Malheureuse- marqué, ment il n'indique en aucune façon 2. Def.,cix. N'a pas trouvé place
la provenance de ce beau fragment, dans le* remaniements des éditeurs
où le caractère oratoire y est bien de Versailles.