‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 463 sur 538 · Remarque autographe insérée lium · texte numérisé non relu

Remarque autographe insérée lium

au milieu d'extraits latins de saint 11. Ibid.^ xxiv, 24. Ms. : Pseudo- Augustin. Le ms. faisait partie de la prophetœ surgent.

collection Floquet. 12. Ihid., 28.

5. Canevas, écrit en 1660, en même 13. Ihid..^ 26. temps que le sermon : Erat navis... 14. Jbid. (voy. t. III, p. 201). Ms.de la Biblio- 15. Ibid., 23. thèque Nationale, fr. 12822, f. 29. 16. Jud., 12.

vents. Quando transeiintes nuhes per ohscura noctis inhiemur, earum caligîne sic actes nostra turhatur, ut in contrarium nobis sidéra concurrere videantur. Sic isti hœretici^ quia in erroris sui nubilo pacem non inveniunt, videtur eis Scriptura divina rixari \ . .

Quand ^ on accoutumait les premiers chrétiens, dès rétablissement du christianisme, à faire sur eux le signe de la croix dans toutes leurs actions, saintes et profanes, à quelle autre fin pouvait-ce être, sinon pour marquer tous leurs sens du caractère de mort, et leur enseigner que, s'ils avaient quelque vie et quelque satisfaction, ce ne devait pas être en eux-mêmes? D'où nous pouvons inférer, par la suite nécessaire de cette doctrine, et la signification grecque du mot de corps ^ nous y peut servir, que nos corps sont comme des sépulcres où nos âmes sont gisantes et ensevelies. Partant, gardons-nous bien de parer ces sépulcres du faste et de la pompe du monde ; mais plutôt revêtons-les comme d'un deuil spirituel par la mortification et la pénitence. Chrétiens, voici le temps qui en approche ^ ; et les chaires et les prières publiques ne retentiront dorénavant que de la pénitence : toute l'Église s'unit pour offrir en esprit un sacrifice de jeûne. Nourrissons le nôtre de ce pain de larmes, qui doit être la vraie viande des pénitents. Répandons nos oraisons devant la face de Dieu, d'une conscience véritablement afiligée ; et n'épargnons point

1. S. Aug., Serin. Xiv de divers. prœcisi sunt. (Hom. XLIIT, de Jacoh (Nunc Serin. I de Script.) Inutile et Emu., De divers.), d'insérer ici tous les autres textes 2. L'article vi, dans les éditions de saint Augustin et de Tertullien, modernes, est formé d'une homélie qui remplissent le reste de la feuille. sur le Carême, que nous avons don- Plusieurs ont été employés dans le née ci-dessus, p. 165-170, sermon que nous venons d'indiquer 3. Def.. xii et xrii. Ce fragment, {Erat navis). Mentionnons seule- où le style est si archaïque, de même ment celui-ci, sur les schismatiques : que l'éloquence, remonte manifesteon y verra l'origine d'une des pen- ment à l'époque de Metz, sinon à sées qu'on a lues plus haut, dans celle de Navarre. Il se rapportait au l'article sur l'Église (p. 653) : Qui dimanche delà Quinquagésime. (Cf. se dividunt, ipsi hahent gladium divi- t. I, p. 341). Impossible de préciser sionîs ; sed quia verum dixerat Domi- davantage, faute de manuscrit. nus: Qui gladio percutit gladio morie- 4. SwfJia, corps ovî cadavre. «ur, videte illos, fratres mei, qui se 5. Phrase amphibologique, pour : ah unitate p?'œciderunt, in quotfrusta En voici le temps qui approche.

nos aumônes pour racheter nos iniquités, ouvrant nos cœurs sur la misère du pauvre. Voici, voici le temps de vaquer à ces exercices : Ecce nunc tempus acceptahile, ecce nunc dies salutis ^.

Mais, ô vie humaine, incapable de toute règle ! Si près des jours de retraite, la dissolution peut-elle être plus triomphante? Ne dirions-nous pas qu'elle a entrepris de nous fermer le passage de la pénitence, et qu'elle en occupe l'entrée, pour faire de la débauche un chemin à la piété? Certes, je ne m'étonne pas si nous n'en avons que la montre et quelques froides grimaces : car, il est certain, la chute de la pénitence au libertinage est bien aisée ; mais de remonter du libertinage à la pénitence, mais sitôt après s'être rassasié des fausses douceurs de l'un, goûter l'amertume de l'autre, c'est ce que la corruption de notre nature ne saurait souffrir. Laissons donc au monde sa félicité, préparons-nous sérieusement à corriger notre vie : autant que le monde s'efforce de noircir ces jours par l'infamie de tant d'excessives débauches, autant devons-nous les sanctifier par la pénitence et par une piété sincère.

L'humilité ^ est la disposition la plus essentielle dans la pénitence ; et pour l'acquérir, il faut découvrir et sentir toute la malice de son cœur. Or qui peut dire jusqu'où s'étend notre corruption? Nous ne sommes innocents d'aucun crime, par les dispositions que nous nourrissons; comme ceux qui ont disposition à certaines maladies par le vice de leur tempérament, quoiqu'ils n'aient pas le mal actuel^.

Les criminels^ doivent agir différemment envers un juge qu'ils ne feraient envers un père ; envers un juge,

1 II Cor. VI 2. pour le jubilé, 3= point, que nous

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