‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 480 sur 538 · Deforis, LX. tote et de saint Augustin, la pensée · texte numérisé non relu

Deforis, LX. tote et de saint Augustin, la pensée

4. Arist., De Morih., Il, IX. (^d qu'il discute. Yoy. Dissertation sur Nicom., II, VI, 15.) Vhonneur (t. II, p. 425).

5. Ms. fr., 12830, fo 199 {Extraits 6. Arist., Maçn. Moral., II, v. des anciens philosophes). Nous avons 7. Retract., I, vill, 5.

Il y a pourtant dans le raisonnement de saint Augustin une lumière de vérité, qu'il faut sauver. « On ne peut abuser de la vertu ; » vrai et faux : dans le temps qu'on la pratique toute entière ; mais après, on le peut, car on peut la perdre, et de plus la tourner à un plus grand mal que si on ne l'avait jamais eue.

Hélas ! hélas ! hélas ! misère et néant de l'homme, qui n'a rien de meilleur que la vertu, et néanmoins par ellemême il deviendra pire que si jamais. . . ; tant la volonté est puissante contre elle-même!

C'est ^ la grande perfection dans l'association des vertus, de réduire tellement le tout au principe qu'on fasse une parfaite unité, comme dans les dissolutions et compositions chimiques.

Au " grand courage rien n'est grand : de là il dédaigne tout ce qu'il a. Mais il ne suffit pas de s'agrandir dans les choses qu'on dédaignera, aussi bien que les autres, quand on sera le maître ; il faut chercher quelque chose qui soit digne de satisfaire un grand cœur, la vertu.

Vohis ^ donatum est pro Christo. non solum ut in eum credatis, sed ut etîam pro illo patiamini^. — Vohîs, à vous, non aux anges ; car auquel des anges a-t-il jamais été dit : Ostendam illi quanta oporteat [eum] pro nomine meo pati ^ ?

La^ foi est hardie : rien de plus hardi que de croue un Dieu homme et mort. Toutes les vertus chrétiennes sont aussi hardies et entreprenantes ; car elles surmon-

l.Ms. de la CQllection Ploqnet, semblait n'avoir fait des deux

auionrd'hvii H. de Rothschild. P. 5 qu'une seule et même vertu. )) (Ex-

d'un cahier écrit en 1665 ou 1666 ; pressions de Bossuet, parmi des

au milieu de notes et extraits d'un textes latins, ihid.).

discours de saint Grégoire de Na- 2. Deforis, CLXXXlv.

zianze ((>m^. xix, nunc xviil), à 3. Deforis. lxxxit. Supprimé dans

la louange de ses parents. Bossuet les éditions modernes,

fait cette remarque, à propos du 4. Philip.. T, 29.

passage où le saint docteur disait 5 Act., ix, 16.

que son père « avait tellement uni 6. Deforis, cxvil. la simplicité et la prudence qu'il

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tent tous les obstacles : elles doivent se faire en foi, et tenir de son caractère \

Il ^ est important que l'esprit soit dompté. Nous n'avons pas le courage de retrancher nous-mêmes notre volonté ; Dieu, comme souverain médecin, le fait en plusieurs manières, et surtout par les contradictions qu'il nous envoie. Les véritables vertus se font remarquer durant les persécutions.

Pour ^ pratiquer la patience chrétienne, il faut souffrir les maux, souffrir le dégoût, souffrir le délai.

Nonne * et ethnîci hoc faciunt ^ ? — Il faut que notre justice passe celle des gentils, qu'elle passe même celle des pharisiens. Quand serons-nous chrétiens, nous qui ne sommes pas encore arrivés au premier degré, qui est celui de la philosophie et sagesse purement humaine?

Peut-on ^ mettre en comparaison ce que vous faites de bien avec ce que vous faites de mal ? Pourquoi péchezvous? parce que vous aimez le péché. Pourquoi priezvous? parce que vous craignez. L'un donc par l'inclination ; l'autre par une espèce de force.

Les ^ chrétiens doivent apprendre à profiter de tout, des biens et des maux de la vie, des vices et des vertus des autres, de leur persévérance et de leur chute, de leurs tentations, de leurs propres fautes et de leurs bonnes actions.

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