XVII. — Des biens et des maux de la vie
Il y a^ des biens qu'on désire pour eux-mêmes, sans avoir égard à ce qu'ils produisent, comme le plaisir qui n'a aucune mauvaise suite; d'autres que l'on désire et pour eux-mêmes et pour les autres biens qu'ils apportent, comme de se porter bien, d'être sage; d'autres que l'on ne désire que pour les suites, comme d'être traité quand on est malade, d'exercer quelque art pénible. Ainsi il y a des biens laborieux, et c'est une suite nécessaire de cette vie misérable, où les biens ne sont pas purs.
La ^ vie présente est fâcheuse : on se plaint toujours de son siècle ; on souhaite le siècle passé, qui se plaignait aussi du sien ^. La source du bien est corrompue et mêlée ; aussi le mal prévaut. Quand il est présent, on le croit toujours plus grand que jamais. Tous les ans, on dit qu'on n'a jamais éprouvé des saisons si dures et si fâcheuses. Dans ce dégoût, « qui nous fera voir les biens qu'on nous promet ? Quis ostendet nohU hona^} y) En attendant, « cherchons la paix et poursuivons-la avec persévérance, » car elle est encore éloignée : Inquire pacem, et persequere eam ^. 11^ faut d'abord la chercher dans sa conscience, et travailler à se l'y procurer.
1 Deforis, CLXXVii. — Lâchât, soi-même.
Pens. dét. III. 5. Ps. iv. Vulgate : Quis osten-