‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 487 sur 538 · XVIII. — De l'Aumône · texte numérisé non relu

XVIII. — De l'Aumône

Touchant ^ l'aumône, il semble qu'il y a trois vices principaux : le premier, de ceux qui ne la font point ; le second, de ceux qui ne la font point dans l'esprit de Jésus-Christ et par le principe de la foi, mais par quelque pitié naturelle ; le troisième, de ceux qui, la faisant, croient en quelque sorte s'exempter par là de la peine qui est due à leur mauvaise vie, et ne songent pas à se convertir, contre lesquels saint Augustin a dit ces beaux mots : « Certes^ que nul ne pense pouvoir commettre tous les jours et racheter autant de fois par des aumônes ces crimes horribles qui excluent du royaume des cieux ceux qui s'y abandonnent. Il faut travailler à changer de vie, apaiser Dieu par des aumônes pour les péchés passés, et ne pas prétendre qu'on puisse en quelque sorte lui her les mains, et acheter le droit de commettre toujours impunément le péché : Sane cavendum est ne quisquam existimet infanda illa crimina, qualia qui agunt regnum Dei non possidehunt, quotidîe perpetranda, et eleemosynis qiiotidie redimenda. In melius quippe est vîta mntanda, et per eleemosynas de peccatis prœteritis est propitiandus Deus, non ad hoc emendus quodam modo ut ea semper liceat impune

On * se flatte, en ce qu'on espère de soi-même faire des aumônes quand on sera riche. Les prétextes ne manqueront pas alors pour s'en dispenser : on ne trouve pas à qui la faire ; on commence à entrer en défiance de ceux qui se mêlent des affaires de charité ; on retarde ; on veut encore, mais on remet à un autre temps : peu à peu on n'y pense plus ; après, la volonté se change, on ne le veut plus.

Respecter ^ la main de Dieu sur notre frère, les traits de sa ressemblance et de sa face, le sang de Jésus- Christ dont il est lavé.

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