‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 491 sur 538 · ITim., VI · texte numérisé non relu

ITim., VI

pour participer à leur bénédiction et à leur grâce ; car celle de la nouvelle alliance est pour les pauvres.

Combien ^ en voit-on qui se servent de la philosophie, non pour se détacher des biens de la fortune, mais pour plâtrer la douleur qu'ils ont de les perdre, et faire les dédaigneux de ce qu'ils ne peuvent avoir !

Afin " de ne point immoler notre Pâque avec le vieux levain, non in fermento veteri^, bannissons de nous cet esprit d'envie qui nous anime les uns contre les autres, et qui est « ce levain de malice » dont l'Apôtre veut que nous nous purifiions: Non in fermento malitise'^. Rejetons ces défiances injurieuses à nos frères, et dilatons ces cœurs fermés par la cupidité aux sentiments de tendresse que nous nous devons mutuellement : c'est ainsi que nous célébrerons notre Pâque in azymis sinceritatis et veritatis ^.

On ^ ne peut se rendre maître des choses en les possédant toutes ; il faut s'en rendre le maître en les méprisant toutes.

Plus ^ on a, plus on veut avoir. On agit par humeur ; l'humeur subsiste toujours : de là vient qu'on ne se contente jamais. La perte est plus sensible aux riches qu'aux pauvres ; et le désir d'avoir est aussi plus ardent dans les premiers : il faut en effet qu'il soit plus ardent, parce que la facilité est plus grande. Si l'on a eu tant d'ardeur lorsque le chemin était difficile, à plus forte raison quand on le trouve aplani. Ainsi la possession des richesses augmente le désir d'en amasser.

Nous ^ agissons par humeur et non par raison ; c'est pourquoi l'ambition ni l'avarice ne se changent pas pour avoir ce qu'elles demandent, parce que l'humeur demeure toujours. Les appétits qui consistent à remplir

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