Première rédaction (en partie proposer
effacée) : sans se détourner ni à la 3. Cette fin de phrase est une
droite ni à la gauche, et toujours addition interlinéaire.
parole, qui maintenant nous instruit et un jour nous doit juger ; c'est de n'ouvrir pas le cœur assez promptement à la vertu qui l'accompagne, et de prendre plus garde à l'homme qui parle au dehors qu'au prédicateur invisible qui sollicite les cœurs de se rendre à lui. Que si vous écoutez au dedans ce céleste prédicateur, qui jamais n'a rien de faible ni de languissant, et dont les vives lumières pénètrent les replis les plus cachés ^ des consciences, que de miracles nouveaux nous verrons paraître ! que de morts sortiront du tombeau ! que de ressuscites viendront honorer la résurrection de Jésus- Christ ! et que leur persévérance ^ rendra un beau témoignage à l'immortelle vertu qu'un Dieu ressuscité pour ne mourir plus répand dans les cœurs de ses fidèles ! Pour commencer un si grand ouvrage, prosternés avec Madeleine et les autres femmes pieuses aux pieds de ce Dieu vainqueur de la mort, demandons-lui tous ensemble ses grâces vivifiantes par les prières de celle qui les a reçues de plus près et avec le plus d'abondance. Ave.
[P. 1] Jésus-Christ ressuscité ne meurt plus, comme nous a dit saint Paul, et non seulement il ne meurt plus, mais encore, à consulter la règle éternelle de la justice divine, il ne devait jamais mourir, ha mort, dit le même apôtre, est entrée dans le monde par le péché ^ ; et encore : La mort est le châtiment du péché ^. Puisque la mort est le châtiment du péché, l'immortalité devait être la compagne inséparable de l'innocence; et si l'homme eût vécu éternellement affranchi des lois de la mort en conservant la justice, combien plutôt Jésus- Christ, qui était la sainteté même, devait-il être toujours vivant et toujours heureux! Ajoutons à cette raison qu'en Jésus-Christ, la nature humaine unie au Verbe divin, qui est la vie par essence, puisait la vie dans la source ; de sorte que la mort n'avait point de lieu où la vie se trouvait dans sa plénitude ; et si Jésus- Christ avait à mourir, ce ne pouvait pas être pour lui-
1. Yar. : les plus profonds. M. Gazier le fait remarquer avec
2. Anciennes éditions ; leur iné- raison, branlable persévérance. — L'épi- 3. Rom., v, 12. thète est effacée (soulignée); 4. Rom., vi, 23.
même, ni pour [p. 21] satisfaire à une loi qui le regardât, mais pour nous et pour expier nos crimes, dont il s'était volontairement chargé. Il a satisfait à ce devoir ; et, compté parmi les méchants, comme disait Isaïe ^, il a expiré sur la croix entre deux voleurs. « 11 est mort une fois au péché, dit le saint Apôtre ^ ; c'est à dire : il en a porté toute la peine : Peccato viortuus est semel » ; et maintenant « il vit à Dieu : vivit Deo. » Il commence une vie toute divine, et la glorieuse immortalité lui est assurée ^. [P. 3] Vivez, Seigneur Jésus, vivez ■* à jamais ! La vie, qui ne vous a pas été arrachée par force, mais que vous avez donnée de vous-même pour le salut des pécheurs, vous devait être rendue. Il était juste, et, comme chantent dans l'Apocalypse tous les bienheureux esprits, V Agneau qui s'est immolé volontairement pour les pécheurs est digne de recevoir, pour la mort qu'il a endurée par obéissance, la vertu, la force, la divinité "" ; c'est à dire : il est digne de ressusciter, afin qu'une vie divine se répande sur toute sa personne, et qu'il soit éternellement par sa gloire l'admiration des honnnes et des anges, comme il en est l'invisible soutien par sa puissance.
Voilà en peu de mots le fond du mystère. Il fallait poser ce fondement ; mais, comme les mystères du christianisme , outre le fond qui fait l'objet de notre foi, ont leurs effets salutaire [s], qu'il faut encore considérer pour notre instruction, revenons au premier principe et disons [p. 4] encore une fois avec l'Apôtre : Jésus-Christ ressuscité ne meurt plus ; de quelque côté qu'on le considère, tout est vie en lui, et la mort n'y a plus de part. De là vient que la loi évangéUque, qu'il