‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 57 sur 538 · En suite de, en conséquence de · texte numérisé non relu

En suite de, en conséquence de

Ensuite de, après.

2. Il s'agit du commencement du saint Sacrifice, de la partie secrète de la messe, où se fait la consécration. Bossuet y rattache la Préface, qui en est le prélude public.

3. Première rédaction (efEacée ; couverte d'abord de surcharges, puis remplacée par une nouvelle page) :

(( ...elle ne posait pas encore un fondement qui put demeurer, Mais que nous dit Jésus-Christ ressuscité, lui qui n'est entré dans sa gloire qu'après avoir été abîmé dans la douleur, livré à ses ennemis et abandonné de son Père ; que nous dit-il autre chose, sinon ce que dit l'Apôtre : (( Quœ sursnni simt qwvrite :

Cherchez ce qui est en haut ? » Chrétien, que je vois encore occupé des choses de la terre, à quoi donc rabaissez-vous vos pensées ? « Le cœur en haut ! le cœur en haut ! Sursum corda ! » C'est ce que l'Eglise fait tous les jours retentir à vos oreilles, et c'est par là que commence le sacrifice du Nouveau Testament :

Sursum corda ! Si vous êtes vraiment chrétiens, vous devez répondre : (( Nous les élevons (avons élevés) au Seigneur : Habemus ad Dominum. » Disciples de Jésus- Christ ressuscité, vons n'êtes plus de la terre. Pensez aux choses célestes et à la vie éternelle. ( Corrigé ainsi: Elle confesse que le vrai culte de la nouvelle alliance est de n'avoir que le ciel en vue, et que le véritable sujet des actions de grâces que nous

Sermons de Bossuet. — Vi.

rendons à Dieu par Jésus-Christ est d'être faits pour le ciel et pour la vie éternelle.) — Mais j'entends vos malheureuses réponses : La vie éternelle, qui ne la désirerait ? qui ne la voudrait? que craignons-nous tant que la mort, et qu'aimerions-nous tant qu'à vivre, que d'être immortels ? Mais hélas ! que me dites-vous, quand vous me parlez de vie éternelle ? {Abrégé ainsi: Mais j'entends vos malheureuses réponses : Je ne suis que terre, et vous voulez que je ne respire que le ciel.) Je ne sens que la mort en moi, et vous voulez que je ne lespire {corrigé : pense) qu'immortalité ! — Mais tout ce qui est mortel est bien peu de chose ! Honneurs, richesses, plaisirs, ce n'est rien : tout passe trop vite pour mériter le nom d'être. — C'est \ eu de choses, j'en conviens : ha ! je ne sens que trop que je ne suis rien, et que tout ce que je poursuis avec tant d'ardeur est un rien comme moi (un néant comme moi — est vain par soi-mêmej. Mais que cherchera un néant (un rien) comme moi, que des choses proportionnées au peu qu'il est ? {Abrégé ainsi : Mais tont ce qui est mortel est si peu de chose ! - Encore moins, si vous le voulez ; mais aussi que peut chercher un rien comme moi, que des biens proportionnés au peu qu'il est ?) Laissez-moi jouir en paix de ce peu que je puis goûter, et ne me repaissez pas de belles idées. — Saintes vérités du christianisme... »

VOUS poursuivez sont si peu de chose \ — Peu de chose, je le confesse, et encore moins, si vous le voulez ; mais aussi que peut rechercher un rien comme moi, que des biens proportionnés au peu qu'il est? — [p. 8] Saintes vérités du christianisme, fidèle et irréprochable témoignage que les apôtres ont rendu, au péril de tout, à leur maître ressuscité ; mystère d'immortalité que nous célébrons, attesté par le sang de ceux qui l'ont vu, et confirmé par tant de prodiges, par tant de prophéties, par tant de martyres^, par tant de conversions, par un si soudain changement du monde, et par une si longue suite de siècles, n'avez-vous pu encore élever les hommes aux objets éternels? et faut-il, au milieu du christianisme, faire de nouveaux efforts pour montrer aux enfants de Dieu qu'ils ne sont pas si peu de chose qu'ils se l'imaginent? Nous demandons un témoin [p. 9] revenu de l'autre monde, pour nous en apprendre les merveilles : Jésus-Christ, qui est né dans la gloire éternelle, et qui y retourne; Jésus-Christ, témoin fidèle et le premier-né d^ entre les morts, comme il est écrit dans l'Apocalypse ^ ; Jésus-Christ qui s'y glorifie d'avoir la clef de U enfer et de la mort ^ ; qui en effet est descendu non seulement dans le tombeau, mais encore dans les enfers, où il a délivré nos pères, et fait trembler Satan avec tous ses anges par son approche glorieuse : ce Jésus-Christ sort victorieux de la mort et de l'enfer pour nous annoncer une autre vie, et nous ne voulons pas l'en croire ! Nous voudrions qu'il renouvelât aux yeux de chacun de nous tous ses miracles, que tous les jours il ressuscitât pour nous convaincre ; et le témoignage qu'il a une fois rendu au genre humain, encore qu'il le continue, comme vous verrez, d'une manière si miraculeuse dans son Église catholique, ne nous suffît pas !

— A Dieu ne plaise ! dites-vous ; je suis chrétien, [p. 11] ^ ne me traitez pas d'impie. Ne me dites rien des libertins ; je les connais : tous les jours je les entends

1. Ms. : si peu de choses (distrac- 3. Apoc, i, 5. tion). 4. Ibid., T, 18.

2. Anciennes édit. : martyrs. — 6. La p. 10 est restée en blanc. Corrigé par M. Gazier.

discourir, et je ne remarque dans tous leurs discours qu'une fausse capacité, une curiosité vague et superficielle, ou, pour parler franchement, une vanité toute pure ; et pour fond des passions indomptables, qui, de peur d'être réprimées par une trop grande autorité, attaquent l'autorité de la loi de Dieu, que, par une erreur naturelle à l'esprit humain, ils croient avoir renversée à force de le désirer. — Je les reconnais à ces paroles : vous ne pouviez pas me peindre ^ plus au naturel leur caractère léger et leurs bizarres pensées : j 'entends ce que me dit votre bouche ; mais que me disent vos œuvres ? Vous les détestez, dites-vous ; pourquoi donc les imitez-vous? pourquoi marchez-vous dans les mêmes voies? pourquoi vous vois-je aussi éblouis^ des grandeurs humaines, aussi enivrés de la faveur et aussi touchés de son ombre, [p. 12] aussi délicats sur le point d'honneur, aussi entêtés de folles amours, aussi occupés de votre» plaisir, et, ce qui en est une suite, aussi durs à la misère des autres, aussi jaloux en secret du progrès de ceux que vous trouvez à propos de caresser en public, aussi prêts à sacrifier votre conscience à quelque grand intérêt, après l'avoir défendue peut-être pour la montre et pour l'apparence dans des intérêts médiocres? Avouons la vérité : faibles chrétiens ou libertins déclarés, nous marchons également dans les voies de perdition, et tous ensemble nous renonçons par notre conduite à l'espérance de la vie future.

[P. 13] Venez ^, venez. Chrétiens"*, que je vous parle : cette vie éternelle, qui entre encore si peu dans votre esprit, la désirez-vous du moins? Est-ce trop demander à des chrétiens ^ que de vouloir que vous dé-

1. Yar. : représenter. doutez de la vie f attire ou vous n'en

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