Var. : Ne dites... pesanteur tendre vers le ciel : dans
4. Bossuet ajoutait ici : (( Ha ! un chemin si raide et si glissant, lâche que Jésus-Christ trouve in- parmi tant de tentations et tant digne de son royaume, tiède qu'il de périls, ei l'on ne s'efforce pour rejette de sa bouche, votre destinée monter toujours, la pente seule nous me fait trembler {var. : me fait précipite ; pour peu qu'on languisse, peur).)) — Effacé. on meurt bientôt, et si on marche
5. Faut-il un troisième 7I0W, comme pesamment, la chute est inévitable l'a cru M. Gazier ? Il nous paraît {var. : et marcher lentement, c'est plus probable que le mot lu ain>i rendre sa chute inévitable — infailn'est autre que vous., écrit à la fin lible). »
de la ligne, et oublié aussitôt ; car 7. Var. : emporté,
la ligne suivante continue : (( vous 8. I Cor., ix, 24,
vous abusez. » Ainsi en avaient jugé 9. Philip., ni, 13, 14.
les anciens éditeurs. 10. Job., vu, 1.
6. Cette fin de phrase remplace 11. Ephes., vi, 12. une rédaction plus développée : « la
Dans la guerre qu'avait David avec la maison de Saûl, écoutez ce que remarque le texte sacré : « David croissait tous les jours et s'élevait de plus en plus au-dessus de lui-même ; au contraire, la maison de Saiil allait toujours décroissant,» et ses forces se diminuaient: David proficiscens et sernper seipso rohustior, domus autem Saul decrescens quotidie ^. » Quel fut donc l'événement de cette guerre ? [p. 23] Événement heureux à David, dont le trône fut affermi pour jamais ; mais événement funeste au malheureux Isboseth et à la maison de Saûl, qui se vit bientôt sans ressource. Isboseth, qui se négligea et jamais ne s'aperçut qu'il diminuait, parce qu'il diminuait peu à peu, à la fin demeure sans forces^. Ses soldats l'abandonnent; Abner, qui soutenait le parti et par ses conseils et par sa valeur, se donne à son ennemi ; le malheureux prince est assassiné dans son lit par des parricides à qui sa mollesse fit tout entreprendre ; et pour avoir négligé d'imiter David qui croissait toujours, à force de déchoir il se trouva sans y penser au fond de l'abîme. Chrétien, qui ne veux pas t 'élever sans cesse dans le chemin de la vertu, voilà ta figure : tout ce que tu avais de bons désirs te quittera l'un après l'autre, et ta perte est infaillible.
Éveillez-vous donc. Chrétiens, comme l'ange disait au prophète ; éveillez-vous, et marchez ; « car vous avez encore à faire un grand voyage : Grandis enim tihi restât via ^. » « Cette voie, dit saint Augustin, uewt des hommes qui marchent toujours : Ambulantes quœrit"^. )) La crainte de l'enfer et de ses peines éternelles vous a ébranlé[s] : c'est un bon commencement ; mais il est temps d'ouvrir votre cœur aux chastes douceurs de l'amour de Dieu, sans lequel il n'y a point de christianisme. Vous avez pu renoncer au crime et aux plaisirs qui vous menaçaient [p. 24 [ d'irrémédiables douleurs (peut-être même dès cette vie) : la plaie n'est pas bien fermée ; et ce cœur ensanglanté soupire encore
1. II Reg., iir, 1. — (Latin en une correction, marge.) H. III Reg.. xix, 7.
2. Édit. : sans force. — Il y a le 4. Serm. de Cantic. novo, ubi supra, pluriel au manuscrit ; c'est même
en secret après ses joies corrompues : épurez vos intentions ; fortifiez votre volonté par des réflexions sérieuses et par des prières ferventes, car la prière assidue et persévérante est le seul soutien de notre impuissance. Vous avez commencé à goûter Dieu ; car aussi comment peut-on être chrétien si on n'aime et si on ne goûte ce bien infini ? apprenez peu à peu à le goûter seul ; et modérez ce goût du plaisir sensible, qui ne laisse pas d'être dangereux lors même qu'il semble innocent. Autrement vous éprouverez, par une chute imprévue, la vérité de cette sentence : Qui se néglige, tombe peu à peu ^. Et quoique vous nous vantiez l'innocence de vos désirs encore trop sensuels, je ne laisse pas de [p. 25] trembler pour vous; parce qu'enfin, quoi que vous disiez, du plaisir au plaisir il n'y a pas loin, et du sensible au sensible la chute n'est que trop aisée. Il faut donc travailler sans cesse à cet édifice caduc ^, où toujours quelque chose se dément. Il faut toujours s'élever, si on ne veut pas retomber trop vite. A quelque point que nous soyons, saint Paul nous excite à monter plus haut ^ : après que nous sommes ressuscites avec Jésus-Christ, il faut encore avec lui monter jusqu'au plus haut des cieux, et jusqu'à la droite du Père céleste. Car si cette ambition que le monde veut appeler noble inspire à un grand courage une ardeur infatigable, qui fait qu'étant arrivé par mille travaux et mille périls aux premiers honneurs, il oublie tout ce qu'il a fait, pour augmenter une gloire qui n'est après tout qu'un bruit agréable autour de nous et un mélange de voix confuses ; que ne doit-on entreprendre pour la véritable gloire, que Dieu réserve à ses enfants ? Quelle activité et quelle vigueur ne demande-t-elle pas? ne faut-il pas être toujours agissant, à l'exemple de Jésus- Christ? Mon Père, dit-il*, opère toujours ; et moi, j^ opère avec lui. Mais voyons comme il opère ^ dans sa sainte Église : ce [p. 26] nous sera un nouveau motif de nous soumettre à l'opération de la grâce qui nous renouvelle.