‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 61 sur 538 · Cette dernière phrase paraît 6. Ephes., iv · texte numérisé non relu

Cette dernière phrase paraît 6. Ephes., iv

saint Paul : Ne croyez pas quHl suffise de s^être renouvelé [p. 21] une fois; il faut renouveler la nouveauté même^. Car, au point où vous croirez^ avoir assez fait, l'orgueil, qui vous surprendra, vous fera tout perdre, et vos forces seront dissipées par le repos qui relâchera votre attention. Ne proférez^ donc jamais cette parole indigne d'une bouche chrétienne :' Je laisse la perfection aux religieux et aux solitaires, trop heureux d'éviter la damnation éternelle ^. Non, non "^ : vous vous abusez : qui ne tend point à la perfection, tombe bientôt dans le vice ; qui grimpe sur une hauteur ^, s'il cesse de s'élever par un continuel effort, est entraîné '^ par la pente même, et son propre poids le précipite, [p. 22] C'est pourquoi toute l'Écriture nous défend de nous arrêter un seul moment. Si, selon l'apôtre saint Paul ^, la vie vertueuse est une course, il faut, comme cet apôtre, s'avancer toujours, oublier ce qu'on a fait, courir sans relâche, et n'imaginer de repos qu'à la fin de la carrière, où le prix de la course nous attend ^. Si la vie vertueuse est une milice, comme dit le saint homme Job ^^, ou, comme parle saint Paul, une lutte continuelle ^^ contre un ennemi également attentif et fort, se ralentir tant soit peu après même l'avoir atterré, c'est lui faire reprendre ses forces; et une victoire mal poursuivie ne devient pas moins funeste par l'événement qu'une bataille perdue.

1. Jn Epht. ad Rom., lib. V, n. 8. vie chrétienne est sur un penchant :

2. Anciennes édit. : où vous croyez. il faut s'élever de la terre où notre — Corrigé par M. Gazier. poids nous entraîne, et malgré cette

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