II Cor., VII, 10. leurs : (( qui vous voudrez
la vertu, nous croyions ^ être chrétiens, lorsque nous passons toute notre vie dans une inconstance perpétuelle, aujourd'hui dans les eaux de la pénitence, et demain dans nos premières ordures, aujourd'hui à la sainte table avec Jésus-Christ, et demain avec Bélial et dans toute la corruption passée, peut-on déshonorer davantage le christianisme, et n'est-ce pas faire de Jésus-Christ même, chose abominable ! un défenseur des mauvaises habitudes?
Ce n'est pas ainsi qu'il en parle ^, [p. 53 j lui qui, trouvant l'arbre cultivé et toujours infructueux, s' étonne
1. Édit. : nous croyons. — Cet indicatif donne un faux sens, ou, même ne donne aucun sens. Personne n'avait donc remarqué que l'in- <iicatif et le subjonctif s'écrivent dans Bossuet de la même manière, aux deux premières personnes du pluriel ?
2. Les éditeurs croient devoir corriger : (( Ce n'est pas ainsi que Jésus-Christ a parlé des rechutes, lui... )) Mais quelle difEérence entre les rechutes et les mauvaises habitudes ? sinon que cette dernière expression accuse davantage un état invétéré ? On ne gagne donc rien à la changer. Celle qu'on lui substitue est empruntée à une première rédaction, dont le début est effacé. Le surplus, qui ne l'est pas, ne figure nulle part, même en note, dans les éditions. C'est qu'on a imaginé de transporter le feuillet du manuscrit dans le sermon de 1G60 sur les Rechutes (actuellement, fr. 12822, fo 243), où il fait double emploi avec une autre interpolation. ( Vo?/. t. Y, p. 628, et t. IIL p. 288). Voici le passage complet : « Ce n'est pas ainsi que nos pères ont parlé des rechutes. Un saint concile d'Espagne dit que la rechute fait un jeu. profane [passer ici du ms. 12824, fo 94, vo, an ms. 12822, f° 243) et un sacrilège amusement de la commnnion :
ludere de dominica communione.
(Reporté plu s haut dans une addition marginale). Un ancien Père nous dit que retomber dans le crime auquel on a renoncé, c'est condamner Jésus-Christ avec connaissance de cause, et, après l'avoir goûté, le sacrifier à son ennemi. Mais quelque véhéments que soient les saints
Pères à exprimer l'horreur des rechutes, rien n'égale les sentiments des apôtres. Saint Paul dit que retomber dans ses premiers crimes, c'est affliger le Saint-Esprit : et avec raison, puisque, contraint contre sa nature à quitter la demeure qu'il voulait garder, il ne reviendra plus qu'avec répugnance ; c'est crucifier Jésus-Christ encore une fois, fouler aux pieds son sang répandu pour nous, et renouveler toutes les sanglantes railleries que «es oreilles bénignes ont écoutées sans s'en plaindre dans son agonie (var. : qu'il a écoutées dans... — dont les Juifs l'ont insulté — persécuté — dans son agonie). Car, en effet, c'est lui reprocher qu'il ne peut pas conserver une âme qu'il a acquise {var. :
rachetée), ni descendre de la croix que le pécheur lui prépare, ni soutenir sa victoire. {Passage effacé: Le même saint Paul ajoute que la terre longtemps cultivée et abreuvée des eaux du ciel, c'est-à-dire une âme renouvelée par les sacrements et arrosée de la grâce, qui, malgré cette culture sacrée, ne produit que de mauvais fruits, est maudite et réprouvée.) Saint Pierre sera-t-il moins fort ? Écoutez.Vous déplorez, et avec raison, la misère des nations infidèles qui, n'ayant jamais connu Dieu ni les mystères de son royaume, périssent dans leur ignorance:
mais saint Pierre vous dit clairement et sans ambiguïté : « // vaudrait mieux ri'avoir jamais connu la voie de Justice que de se retirer de la sainte loi, dont on a connu V équité (II Petr., 11,22). Car c'est justement, poursuit cet apôtre, ce qui est dit dans les Proverbes : C'anis reversus ad...
de le voir encore sur la terre, et prononce qu'il n'est plus bon que pour le feu \ Quel effet attendez-vous ^ de vos confessions stériles? [p. 54] Ne voyez-vous pas que vous vous trompez vous-mêmes ; et qu'ennemis, non pas du péché, mais du reproche de vos consciences qui vous inquiète, c'est de cette inquiétude, et lion du péché, que vous voulez vous défaire : de sorte que ^ le fruit de vos pénitences, c'est d'étouffer le remords, et de vous faire trouver la tranquillité ^ dans le crime ? — Ha ! il est vrai, vous me convainquez : dans la faiblesse où je suis, jamais je n'approcherai^ des saints sacrements. — J'avais prévu cette malheureuse conséquence. Nous voici donc dans ces temps dont parle saint Paul ^, où les hommes ^ ne peuvent plus supporter ^ la saine doctrine. Prêchez- leur ^ la miséricorde toujours prête à les recevoir, au lieu d'être attendris [p. 55] par cette bonté, ils ne cesseront d'en abuser, jusqu'à ce qu'ils la rebutent et la changent en fureur ; faites-leur voir le péril où les précipite le mépris des saints sacrements, il n'y a plus de sacrements pour eux. Combien en effet en connaissons-nous qui n'ont plus rien de chrétien que ce faux respect pour les sacrements, qui fait qu'ils les abandonnent, de peur, disent-ils, de les profaner ! Le beau reste de christianisme ^° ! comme si on pouvait faire, pour ainsi parler, un plus grand outrage aux remèdes, que d'en être environné sans
wo?n?ÏMm. Si je traduis ces paroles, je 2. Var. : attendons-nous... ? —
ferai horreur à vos sens ; mais c'est Tout le passage était d'abord à la
ce que voulaient les apôtres ; et sans première personne, plus tourner que saint Pierre, il faut 3. Var. : en sorte que...
vous dire avec lui que le pénitent 4. Var. : la sécurité,
qui retombe dans ses premiers cri- 5. Var. : je me garderai bien d'ap-
mes. c'est un chien qui reprend ce procher... — Ce sont les jansénistes
qu'il a jeté ; si ce n'est que ce que qui sont pris ici à partie, vous faites est encore plus horrible 6. Il Tim., iv, 3.
et plus dangereux. Allez, après cela. 7. Variante ou correction : où ils...
i-entrez dans vos voies, et reprenez — Ce qui nous fait hésiter à iatro-
{vnr. : retournez dans vos crimes, duire cette correction dans le texte
achevez et reprenez) le poison qu'un définitif, c'est qu'elle pourrait se
remède salutaire vous avait ôté, rapporter à la rédaction primitive
{suivez ms. 12821, f° 9^) aûn qu'il effacée: ((Le temps viendra, le temps
achève de vous perdre et de déchi- viendra qu'ils... » rer vos entrailles. Mais que dit le 8. fjachat : soutenir. — Erreur de
Fils de Dieu lui-même, lui qui trou- lecture.
vant .. ? )) 9. Var. : Prêchez aux hommes.