‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 75 sur 538 · Apoc, III · texte numérisé non relu

Apoc, III

2. Les anciens éditeurs corrigeaient : (C Dieu emploie.... )), parce que, ne remarquant pas, un peu plus loin, une correction au crayon, ils lisaient : (( la même vertu par laquelle il a ressuscité Jésus-Christ. »

M.Gazier a rétabli la leçon véritable.

3. Les éditeurs insèrent tantôt l'un, tantôt l'autre des textes suivants. Ce sont des notes marginales, qui ne semblent pas destinées à être prononcées : Jn quo et resurrexistis per /idem operationis Dei, qui suscitavit illutn a mortuis (Coloss., II, 12). — Supereminens magnitudo virtutis ejus in nos qui credimus, secundum operationem potentiœ virtutis ejus, quam operatus et-t in Christo, suscitons illum a mortuis (Epli., 1, 19,20).

4. Var. : Je déteste. — La plus grande partie de cet alinéa et du précédent est une seconde rédaction : la première, à force de surcharges, était devenue fort obscure pour l'auteur lui-même. Il disait d'abord en cet endroit : « Ce n'est pas que je veuille dire que la grâce une fois reçue, je dis même dans le sacrement de la Pénitence, ne se puisse perdre et recouvrer plusieurs fois encore. Je déteste tous les excès (première rédaction : C'est une erreur détestée dans...) : c'est une erreur condamnée par toute

l'Église, et réprouvée manifestement dans les Écritures, qui n'ont point donné de bornes à la divine miséricorde, ni à la vertu des saints sacrements. Mais aussi prenez garde à ce que je vous dis : voici une proposition d'éternelle vérité. J'avoue, Messieurs, qu'on peut commencer la vie chrétienne par rinfirmité,etpeutêtre par des rechutes ; mais je dis qu'elle doit enfin venir à la consistance. Un fruit n'est pas mûr d'abord (var. : commence par être vert) et sa crudité offense le goût; mais, s'il ne vient à la maturité, ce n'est plus un fruit, c'est un poison (première rédaction : mais il faut qu'il vienne à la maturité). Ainsi le pécheur qui se convertit, pourvu qu'il déplore (var. : condamne) sa fragilité, et qu'au lieu d'en être confus, il ne s'en fasse pas un rempart contre la sainte doctrine (var. : contre l'Évangile ^ — contre la grâce) et une excuse à ses crimes, peut demeurer (première rédaction plus courte : le pécheur qui se convertit peut demeurer) quelque temps infirme et fragile; et les fruits... » — Plush.iut apparaissait visiblement le soin d'éviter tous les excès ; les mots : « C'est signe que le Saint-Esprit s'est déjà profondément retiré de nous )) devenaient successivement : C'est un signe presque assuré que... — Craignez que ce

l'Église, et condamné manifestement dans toutes les Écritures, qui n'ont point donné de bornes à la divine miséricorde, ni à la vertu des saints sacrements. Mais, comme je vous avoue que la vie chrétienne peut commencer quelquefois par l'infirmité, je dis qu'il en faut venir à la consistance. Un fruit n'est pas mûr d'abord, et sa crudité offense le goût ; mais, s'il ne vient à maturité, ce n'est pas du fruit, c'est du poison. Ainsi le pécheur qui se convertit, pourvu qu'il déplore sa fragilité, et qu'au lieu d'en être confus il ne s'en fasse pas une excuse, peut ne la pas vaincre d'abord ; et les fruits de sa pénitence, quoique amers et désagréables, ne laissent pas d'être supportés par l'espérance qu'ils donnent. Mais que jamais nous [p. 51] ne produisions ces dignes fruits de pénitence tant recommandés dans l'Évangile ^, c'est-à-dire, « une conversion solide et durable, pœnitentiam stahîlem, » comme l'appelle ^ saint PauP ; que notre pénitence ne soit qu'un amusement, et, pour parler comme un saint concile d'Espagne, notre communion un jeu sacrilège, où nous nous jouons de ce que le ciel et la terre ont de plus saint, Indere de Dominica communione "^ ; que notre vie, toute partagée entre la vertu et le crime, ne prenne jamais un parti de bonne foi, ou plutôt qu'en ne gardant plus que le seul nom de vertu, nous prenions ouvertement le parti du crime, le faisant régner en nous malgré les sacrements tant de fois reçus, c'est un prodige inouï dans l'Évangile, c'est un monstre dans la doctrine des [p. 52] mœurs.

Faites-moi venir un philosophe, un Socrate, un Aristote ^, qui vous voudrez : il vous dira que la vertu ne consiste pas dans un sentiment passager, mais que c'est une habitude constante et un état permanent. Que nous ayons une moindre idée de la vertu chrétienne, et qu'à cause que Jésus-Christ nous a ouvert dans les sacrements une source inépuisable pour laver nos crimes, plus aveugles que les philosophes, qui ont cherché la stabilité dans

Saint-Esprit ne se soit... — Nous 4. Concil. Eliberit., can. xxvil

devons craindre que le Saint-Esprit (Labb., t. I,col. 975.)

ne se soit déjà.. » 5. Bossuet efface : «un Pytha-

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