A S. EXC. LE MINISTRE DE LA GUERRE
Vérone, le 27 janvier 1808.
Monseigneur, par votre lettre du 3 novembre vous me demandez l'état de mes services. Ayant été en Gaiabre une fois pris, et trois fois dépouillé par les brigands , j'ai perdu tous mes papiers. Je ne me souviens d'aucune date. Les renseignements que vous me demandez ne peuvent se trouver que dans vos bureaux. Je n'ai d'ailleurs ni blessures ni actions d'éclat à citer. Mes services ne sont rien, et ne méritent aucune attention. Ce qu'il m'importe de vous rappeler, c'est que je suis ici aux arrêts par votre ordre, pour avoir dit, à IXaples, au général Dedon ce que tout le monde pense de lui.
A M. LE GÉÎNÉRAL *%
Vérone, le 31 janvier 1808.
Mon général , j'ai chargé M. Desgoutins de vous payer en or 945 francs. Je vous prie d'agréer en même temps mes remercîments. Le service que vous m'avez rendu , quoique venant fort à propos , m'a bien moins touché que les manières pleines de bonté dont vous l'accompagnâtes. Je sens qu'en vous rendant votre argent je ne suis pas quitte envers vous , et malheureusement je ne pourrai jamais vous être bon à rien. Mais ma reconnaissance , tout impuissante qu'elle est , ne me pèse point du tout , et je trouve du plaisir à vous être obligé toute ma vie.