‹ Œuvres philosophiques d' Arnauld, comprenant les Objections contre les Méditations de Descartes, La logique de Port-Royal, le traité Des vraies et des fausses idées et des notes et une introductionChapitre 58 sur 257 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des mots par rapport aux -propositions.

Comme nous avons dessein d'expliquer ici les diverses remarques que les hommes ont faites sur leurs jugements, et que ces jugements sont des propositions qui sont composées de diverses parties, il faut commencer par l'explication de ces parties, qui sont principalement les noms, les pronoms et les verbes.

Il est peu important d'examiner si c'est à la grammaire ou à la logique d'en traiter, et il est plus court de dire, que tout ce qui est utile à la fin de chaque art lui appartient, soit que la connaissance lui en soit particulière, soit qu'il y ait aussi d'autres arts et d'autres sciences qui s'en servent.

Or, il est certainement de quelque utilité pour la fin de la logique, qui est de bien penser, d'entendre les divers usages des sons qui sont destinés à signifier les idées, et que l'esprit a coutume d'y lier si étroitement, que l'une ne se conçoit guère sans l'autre ; en sorte que l'idée de la chose excite l'idée du son , et l'idée du son, celle de la chose.

On peut dire en général sur ce sujet, que les mots sont des sons distincts et articulés, dont fes hommes ont fait des signes pour marquer ce qui se passe dans leur esprit.

Et comme ce qui s'y passe se réduit à concevoir, juger, raisonner et ordonner, ainsi que nous l'avons déjà dit, les mots servent à marquer toutes ces opérations; et pour cela on en a inventé principalement de trois sortes qui y sont essentiels, dont nous nous contenterons de parler; savoir, les noms, les pronoms et les verbes, qui tiennent la place des noms, mais d'une manière différente; et c'est ce qu'il faut expliquer ici plus en détail.

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