‹ Œuvres philosophiques d' Arnauld, comprenant les Objections contre les Méditations de Descartes, La logique de Port-Royal, le traité Des vraies et des fausses idées et des notes et une introductionChapitre 85 sur 257 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

plus de raison de reprocher aux douatisLes d'avoir livré les livres sacrés, que les donatistes n'en avaient de le reprocher aux catholiques : Traditionem non vohis probabiliùs objicimus , Gresconius s'imagina avoir droit de conclure de ces paroles, que saint Augustin avouait par là que les donatistes avaient raison de le reprocher aux catholiques. Si enim vos prohahiliùs, disait-il, nos ergo prohabiliter : nam gradus iste quod antè positum est auget , non quod antè dictum est improbat. Mais saint Augustin réfute premièrement cette vaine subtilité par des exemples de l'Écriture» et entre autres par ce passage de Pépître aux Hébreux , où saint Paul ayant dit que la terre qui ne porte que des épines était maudite, et ne devait attendre que le feu, il ajoute : Confidimus autem de vobis, fratres chnrissimi, meliora; non quia, dit ce Père, bona illa erant quœsuprà dixerat, pro ferre spinas et tri'mîos et ustionem mereri, sed magis, quia mala erant, ut illis devitatis meliora digèrent et optarent, hoc est, bona tantis malis contraria. Et il lui montre ensuite, par les plus célèbres auteurs de son art, combien la conséquence était fausâe, puisqu'on aurait pu, de la même sorte, reprocher à Virgile d'avoir pris pour une bonne chose la violence d'une maladie qui porte les hommes à se déchirer avec leurs propres dents, parce qu'il souhaite une meilleure fortune aux gens de bien.

D< meliora piis, erroremque hostibus illum! Discissos nudis laniabant dentibus arius*^^,

Quomodo ergo meliorapiis, dit ce Père, quasi bona essent istis , ac nonpotiùs magna mala, qui discissos nudis laniabant dentibus artus^ ?

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