CHAPITRE XXVni
Coran, que ce que j'ai cru avoir lu dans un livre appelé la Bible : donc, dans l'hypothèse qu'il n'y a que moi et mon esprit, si cette raison était bonne au regard de la Bible : que « Dieu n'étant point trompeur, et n'y ayant que lui qui ait pu « représenter à mon esprit ce que je me suis imaginé avoir « vu dans la Bible, cela me doit passer pour incontestable, » je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas bonne au regard de TAlcoran. Et ainsi je suis assuré que je ne pourrais sortir de cet embarras, qu'en me servant de la maxime que Dieu ne peut être trompeur, pour me convaincre de la fausseté évidente de cette supposition qu'il n'y a point de corps , mais seulement Dieu et mou esprit; et non pour en conclure qu'avant même d'avoir reconnu l'absurdité de cette hypothèse, des apparences de prophètes, d'apôtres, d'Écriture sainte et do miracles , nous pourraient suffire , pour nous faire ajouter foi à l'Écriture , et changer par là ces apparences en réalités.
Si on me peut montrer qu'il n'y a point en cela de contradiction, j'avouerai ingénument^ ma bêtise; car j'y en crois voir une manifeste.