CHAPITRE XV
manquer de se trouver dans les créatures, selon laquelle il avoue en un autre endroit « que les choses les plus matérielles et les plus terrestres sont en Dieu. » Il faut donc ou qu'il se soit contredit, ou qu'il ait prétendu que ï étendue intelligible infinie n'était pas seulement en Dieu éminemment, mais qu'elle y était aussi formellement; ou bien qu'il ait mis hors de Dieu cette étendue intelligible infinie, comme Aristote a cru que Platon y avait mis ses idées , n'ayant pas assez pris garde que c'était en Dieu, et non pas hors dô Dieu, qu'il la devait mettre , puisqu'il n'y avait eu recours que faute d'autre meilleur moyen de nous faire voir toutes choses en Dieu. Quoi qu'il en soit, on ne peut guère faire concevoir plus grossièrement une étendue formelle en ce qui est de l'étendue j qu'il fait celle-là, quoiqu'il la nomme intelligible. Il est seulement vrai qu'il en a voulu ôter, je ne sais pourquoi, une des principales propriétés de l'étendue que Dieu a créée , qui est la mobilité , et qu'il lui a plu la considérer comme l'espace des gassendistes, qu'ils veulent aussi qui soit immobile. Mais je ne vois pas, conmie je le viens de montrer, que cela la rende plus capable d'être admise en Dieu; et je m'en vas faire voir, dans le chapitre suivant, que cela la rend beaucoup plus incapable de nous servir d'être représentatif ^ur y voir tous les corps et tous les nombres.