‹ Œuvres philosophiques de Antoine Arnauld;Chapitre 9 sur 159 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

ils sont Tobjet de sa pensée , et tout ensemble la h>i et la conséquence de son acte. Dieu est Tintelligence et Tintelligible , la raison et la liberté. Être raisonnable, ce n*est pas posséder en soi les idées éternelles, ni les extraire des choses , ni les contempler séparément , mais bien les voir en Dieu au sens de Malebranche , c'est-à-dire voir Dieu lui-même , puisque, selon Malebranche et selon la vérité, tout ce qui est en Dieu est Dieu.

La vision en Dieu, tant qu'elle ne s'applique qu'aux idées de la raison pure , est donc la vérité même. Sans doute on peut démontrer l'existence de Dieu et la démontrer par les principes de la raison , sans lesquels aucune démonstration ne peut être faite. C'est qu'en effet nous ne pouvons connaître Dieu sans Dieu , et que nous employons l'idée obscure et incomplète que nous possédons dès l'origine de notre vie intellectuelle par l'union intime de notre nature avec la sienne , à nous procurer une idée plus distincte et moins imparfaite de la perfection infiniment infinie. La démonstration de l'existence de Dieu , qui se déduit de son essence , n'est autre chose qu'un acte de réflexion que l'esprit fait sur lui-même, pour constater ce qu'implique nécessairement l'idée nécessaire qu'il a de Dieu. On a dit que cette démonstration ne concluait pas ; il est vrai, elle ne conclut pas, si la conclusion doit s'étendre au delà des prémisses. La majeure et la conclusion de ce raisonnement "sont deux propositions identiques, avec cette seule différence que la conclusion est plus explicite.

Tel est le véritable sens de toute démonstration de l'existence de Dieu; car la croyance à un être parfait étant le fond même de la raison, aucun être raisonnable n'en sau-

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