‹ Œuvres philosophiques de Antoine Arnauld;Chapitre 90 sur 159 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Qae qaand cH aalcor dit qnll y a des choses q«e noas voyons sans idée» te qnll entend par là ncst poîni asseï démêlé, el eause lanl de confusion qn'on n'en peut avoir ancnne noUon claire.

L'auteur de la Becherche tk ia Vérité, ayant expliqué dans les six premiers chapitres de son troisième livre, sa doctrine de la nature des idées , il distingue dans le septième , quatre difierentes manières par lesquelles il prétend que notre esprit connaît les choses.

a La première , dit-il , est de connaître les choses par ellesmêmes;

« La deuxième , de les connaître par leurs idées , c'est-à- « dire , comme je l'entends ici , par quelque chose qui soit a différent d'elles;

« La troisième, de les connaître par conscience, ou par « sentiment intérieur;

« La quatrième, de les connaître par conjecture ; Il soutient ensuite « qu il n'y a que Dieu que nous cona naissons par lui-même ;

« Qu'il n'y a que les corps et les propriétés des corps « que nous connaissons par leurs idées ;

« Que nous ne connaissons point notre âme ni ses pro- « priétés par son idée , mais seulement par conscience et « par sentiment intérieur ;

« Et que nous ne connaissons que par conjecture les âmes a des autres hommes. »

Nous n'avons pas besoin de nous arrêter ici au premier et

au dernier : nous en parlerons plus bas. Écoutons seulement

ce qu'il dit en particulier du deuxième et du troisième.

« On ne peut douter , dit-il , que l'on ne voie les corps avec

leurs propriétés par leurs idées ; parce que , n'étant pas

Uelligibles par eux-mêmes, nous ne les pouvons voir

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