II. t
fjfi DE ufe racomposvnoiv
YàAk le fait Imb formeilement étabU^ 9 n^ s-'a^ pïu& qjti« dé s'entendare «ir le sen» des termes moi, ccmscienecy. eftœrt vouht^ ccmNae sur les caractères de ces idétts réfiexivtSy et sur les conditions de leerr ofignie*
Plusieurs kantistes énoncent le même principe, à peu près aow la mone forme ^ quoique dans un
sens plus absoki et bien plus indiéterm^iaé £eou-
tons-les (i).
« Le premier acte qui pose un moi^ et qui coostîjtue la» science, dit l'un d'entre eux , est volontaire; il ne fau^t lui chercher d'autre principe que la tolonté qu'il renferme en lui-même (a). »
a L'action par laquelle le /noise réfléchit, se connaît, dit un autre (3), ne peut être expliquée que par la détermination qu'il se donne à lui-même; ejt cette détermination est un acte primitif, c'est un wmloir. Ainsi le moi ri obtient la conscience de son
action que dans le vouloir seul; et F exercice de la
(1) remprunte avec confiance ic! toutes mes citations de la savante histonre des Systèmes comparés de pkUosaphie anmniM et moderne , ouvrage dont M. Dégerando a enrichi la science... Lorsque j>us occasion de connaître cet ouvrage, le mémoire que je diistliiais pour k eoncours de l'institul était déjà très avaoeé, et le choix de son épigraphe ( Volvntas principium dat, etc.) prouve assez que je m'étais déjà laissé conduire par la méditation , dans une route où f ai été bien surpris de me rencontrer avec des I^îloisophes dont le nom même m'était inoonna. On pourra jagei néanmoiiu jusqu'à- quel point ma propre direction s'éloigne ou 8!approefae de l» leur.
(3) Fichte.
(3) Schelling.
volonté est la première cùnditUm de la ctmseiencô
de soi-même* »
c< L'individualité^ dit enfin d'une fasuûère bieii plus précise un philosophe qui s'avance jusque sur notre terrain (i) viest autre eho^e que le principe^ d'une force vivante , mms qui ne peut se eonnaitre que par t effet dune résistance. Uefferi et Faetivité ne pewent être connus ou réfléchis que par laséptH ration du sujet qui fait ejfort des objets qui résisr^ tent; c'est là qu'est pour* nou» toute réalité pM*tique, l'origiboe de toute eottuaissaoce de nous^ même et des choses. »
Lorsque des doctrines formelleaient opposées sur tant d'autres points , s'accordeM à reconnaître m principe, il faut croire qu'il est vrai et fondamental ;r mai& lorsqu'elles l'interprètent d'une manière toute différente, et qu'elles divergent ahsolmnent dans ses conséquences , il faut bien que les termes ^fok l'é** noncent cachent un sens indéterminé ^ et que de toutes parts l'analyse soit encore impar£ûte«
Qu'est-ce donc que cette volonté en qui le m^i réside exclusiç^ement ? Qu'est-ce que. ce voulmr pri^ mitif^ cet acte libre , base unique de la conscience^ de soi''même ?
Esl-cQ désir^ besoin f malaise f ou 1! ensemble des affections comprises sous, un tel terme générique? Est-ce simplement une force vivante qui s'exerce
(1) Butterweck-
l8o DE LA. DECOMPOSlTIOir
contre une résistance ?... En un mot, est-ce une capacité générale de sentir^ ou une puissance individuelle ai agir?
« La volonté ( dit un sage(i) qui ayant longtemps et profondément médité ces questions, semble avoir appris qu'elles comportaient bien plus l'esprit de doute que celui de dogmatisme) , la volonté ne saurait être enveloppée dans aucune succession passive : ce n'est point un désir^ ni un sentiment de préférence^ ni une approbation de l'entendement, ni le plaisir qu'on prend à un événement produit sans notre concours : toutes ces choses n'ont rien à^ actif : nous savons que la volonté est une force essentiellement agissante; mais les moyens par lesquels elle opère des changements nous sont inconnus ; et les ressorts auxquels tiennent nos volitions sont autant de mystères sur lesquels nous ne pouvons que bégayer. »
Cela peut être : mais avant de désespérer ainsi de toute analyse, ne pourrait-on pas mieux fixer le point où gît le mystère? dire en quoi et pourquoi nous sommes réduits à bégayer sur son explication?
Voyons jusqu'à quel point il est possible d'éclaircir un point qui serait peut-être un peu moins obscur, si les métaphysiciens ne l'avaient entouré
(1) Voyez , dans la collection de Berlin , un Mémoire de M. Merlan, sur ra})erc^ptton (2es \éit$*
DE LA. PENSEE. l8l
de ces nuages qu'ils rassemblent toujours avec bien plus de facilité qu'ils ne les dissipent.