‹ Œuvres philosophiques de Maine de BiranChapitre 18 sur 47 · I>£C0MP0S|T40N · texte numérisé non relu

I>£C0MP0S|T40N

U faut en re&ter là y à moins qu'on ne di^u^ 4^ système d'idées^ ou qu'on ne cherche à lier les iSsûte intérieurs à tel autre oodre de faits donnés par une observation différente: car ainsi , en sortant du cercle des identités, op pourrait trouver des signes ou des symboles propres à représenter et li^iiiter sous un point de vue les mêmes idées qui ^e cachent et se confondent sous un autre,

De tous les métaphysiciens y Locke est bien , je crois I celui qui a le plus exactement distingué les deux ordres d'idées ou de faits dont se compose la science humaine. Mais n'ayant pas saisi à la source tpute l'intimité des liens qui les unissent , il n'a pu voj^r comment les deux sortes d'observation. devaient servir à s'éclairer l'une par l'autre. Il a bien au^i enseigné y et en grande partie par son exemple, qu'il ffjlait se restreindre dans les limites des idées données par les sens et la réflexion; et pourtant il n'a p^ se dispenser d'admettre en principe l'exiistence absolue d'une force innée à elle-même , d'une vo*

allemands dont nous parle le jadicieux historien des systèmes. Le yand eerçle d- identités logiques , qu'ils ont parcouru avec une force de tête souvent étonnante , n'a guère abouti qu'à des résultats de cette espèce : le moi est moi , il se pose lui-même (" A = A ), etc. L^.matln^Ucîei^ soat aussi bien conduits quol^efoîs à.das équations purement ûten^i^t^es de cette forme; mais ils sont avertis par rinsignifiance même du résultat , qu'il faut abandonner un pro- Màme iasolable, ou changer de méthode de résolution , en prenant l£( question dans un, autre sens. Pourquoi les n^étaphysieiejos a|^cheraient-ils plus d'importance et de réalité à leurs identités logiques; ou pourquoi n'en tireraient-ils pas la même conclusion que tes mathématiciens?

lonté ou piiîs^aoce d'actU>fi ^,ntér}é^\lra ^ moi q,Mi ^'attribue l'acte et le vouloir dans Vexisteme réell^. Si c'est Ik une hypothèse qui ne s« fi^nde sur Wr cuua idée claire die ^usation,j ni d^ réflexion^ wwt de blâmer Ix>cke d'jr avoir eu recours ^ il £3ui4raîjt savoir s'il pouvisiit £axre autrement; et si , â^m» <pi|sV que système que ce soit j il est possible d'échapper à ime notion ontologique d.e cette sort^, §pus qu^»que sigoiè ou symbole qu'c»i puisse d'aillairs k représenter. Mais un reproche qu'on serait plus fondé, peut-être , à adresser à ce ^age métaphysicien, c'est de s'être tyop circonscrit d^ns la v^}epr absoli|,e de l'hypothèse ; en l'employant comme moyen unjiq.U(e d'explication de^ faits et comme Je dernier term<e où dut s'arrêter l'analyse : car ainsi, ^p .^dm.e]ttant qu!^que chose d'inné contre son intention B^r^s&p ij renonça à chercher dans la réalité pratique Vorj^^^ effectwe d'une force motrice qui ne peut commencer à agir ; ou être pour elle-même qu'en taflit qu'elle se déploie sur tels instrument^ et suiyajQt telles conditions dont on ne peut la séparer. £n mécpn^a|ssant ces conditioAs , Locke ne put déterminer eya^çtement la valeur de l'idée réflexiye volontéy »i marquer avec quelque précision l'étendue et les limj^ d'une puissance de moui^oin Encore moins , put-^1 reconnaître l'influeuce de son ex;ercice réel supr la Réitération de toutes nos connaissanoes , à pai^tJLr même de l'individualité personnelle. C'est cette l^cune encore subsistante malgré tou^ le$ progrès

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de la science , depuis l'Essai sur Tentendement humain jusqu'à nos jours, qu'il faudrait tâcher de remplir maintenant. La métaphysique seule ne saurait y suffire, et nous venons d'en indiquer la raison : il faudrait donc en chercher les moyens dans un autre point de vue plus rapproché de l'expérience.

(IV, Conclusion de ce qui précède. C'est dans Tanalyse des conditions du mouvement volontaire qu'il faut déterminer Tidée de volonté,)

S'il existait quelques moyens, quelque signe naturel, propre à fixer l'idée encore indéterminée d'une puissance de vouloir et d'action dont plusieurs philosophes conviennent aujourd'hui que l'individualité personnelle ne peut être séparée, on les chercherait vainement dans la notion ontologique d'une ^rce virtuelle^ indépendante de toute condition d'exercice; on ne les trouverait pas davantage en généralisant le terme volonté de manière à y comprendre une classe entière de modes tous passifs ; ni en le spécifiant encore à quelque élément de la même classe , tel que le désir; ni enfin en l'étendant à un ordre quelconque de sensations composées et mixtes , où il est si difficile de faire la part exacte de V action et de la passion.

Parmi tous les modes divers de notre existence actuelle, il en est un surtout susceptible d'être éprouvé alternativement de deux manières ; savoir , comme sensation passii^e et simple, et comme per^

ception active et redoublée , tel est le caractère spécial du mode qui accompagne l'exercice de la c6ntractilité musculaire : perception de moiufement avec effort^ lorsque cette contractilité s'effectue sous l'influence directe de \2l force propre que nous appelons volonté : sensation musculaire simple hors de cette influence.

N'est-ce pas d'un tel contraste (et quelle lumière y a-t-il pour nous hors des contrastes?) n'est-ce pas, dis-je , de cette alternative d'action et de passion que peut ressortir le signe unique propre à nous manifester une volonté qui s'étend à tous les actes ou mouvements dont le nwi dispose sans aller plus loin ? et dans quel autre mode de notre être pourrions-nous chercher l'origine effective de cette force si ce n'est dans celui où son caractère est sensiblement empreint , et en qui seul elle dévie nt vivante ?

Or, l'observation physiologique nous apprend à distinguer avec assez de précision les organes dont les mouvements sont ou deviennent volontaires y en se contractant avec un effort senti, de ceux dont les contractions s'opèrent toujours sans effort, et aussi sans volonté. — La physiologie va même jusqu'à expliquer hypothétiquement et d'une manière plus ou moins probable , ce qui se passe dans diverses circonstances de ces mouvements volontaires et involontaires^ elle nous dit quels sont les instruments

mis en jeu , ceux d'où part l'action, ceux qui la transmettent et la reçoivent. Si cette science expérimen-

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taie pouvait donc déterminer la condition organique proprfe qni correspond au mouyement voulu , et le différencie nettement de celui qui ne Test pas ; ne serait-ce pas elle qui aurait trouTé le signe ou le symbole dti 7X>uloir; et ne pourrions-nous pais dès lors faâre mieux que bégayer sur le ressort intérieur (i) auquel se lie le sentiment d'une puissance d'effort, et par suite celui de l'individualité?

Ici le problème fondamental se présente sous une forme qui semble le raidre moins mystérieux et laisser quelque espérance à l'analyse. Voyons pourtant encore si sa résolution complète est du ressort de la physiologie. . "

§ ni.

d'uhb ànàlysb physiologique de là MOTILITÉ. '

Les impressions faîtes d'abord sur les extrémités fienreuses , suivant un physiologiste célèbre , étant transmises au centre commun du système sensitiftX moteur , ce centre réagit d'abord sur l'organe nerveux, et de là résulte la sensation; puis sur les parties musculaires , et de là suit la contraction ou le mouvement. Or , c'est cette dernière réaction qui constitue la volonté.

Entendôns-notis ici sur la valeur des termes , ou !Jttr l'espèce des idées que nous pouvons y rattacher.

A la réaction d'un centre organique peut correspondre Xeùcercice d*ime volonté; mais \ image d'une

(1) Expression de M. Merlan. Vfy^ez plus haut. .

telte rénelioii et l'idée réflexive d'nn vouloir f iiont deiTx conceptioz»s «i hétérogènes , qu'on ne sa?iirâit tout an plus admettre l'une que comme signe ou symbole de l'autre sans pouroir tes identifier ni même les associer dans un même rapport de cat»e et d'effet.

Nous Tavonà remarqué déjà {y>oxez la première partie , § III ), le physiologiste et le métaphy^ekiki ne s'occupent point du tout du pnême ordre de felits.

Le premier concentrant son imagination ou sa vue extérieure sur le jeu et les fonctions des organes, peut n'en étudier que le matériel ou le nu; comme celui qui sans songer aux choses représentées, s'arrêterait aux traits d'une langue écrite ou aux simples peintures des hiéroglyphes.

Le philosophe va plus loin ; et lorsqu'il s'occupe à son tour des instruments organiques et de leur jeu, il peut y avoir des symboles propres à le conduire, en vertu d'une liaison naturelle ou hypothétique, à un autre ordre d'idées qu'il ne peut tlirectement atteindre.

Étudie-t-il, par exemple, les circonstances d'une fonction telle que la contractilité musculaire? il s'attachera à y découvrir la condition particulière qui peut correspondre p/iénoménalement au sentiment d'un effort voulu ; pour circonscrire ainsi en représentation l'étendue, les bornes et les moyens d'exercice d'un pouvoir qui ne se manifeste point au dehors, mais dont l'idée propre est toute en réflexion.

aOO DE LA DECOMPOSITIOir

Mais là où cesse le sentiment et Xaperception possible, là se trouve aussi placée, pour le philosophe, la borne de son domaine : plus loin les phénomènes organiques cessant de correspondre à des faits intérieurs , ne rempliront plus les fonctions de signes j ou ne lui parleront qu'une langue morte, étrangère , dont il ne saisira aucun analogue avec sa langue vivante... En restreignant ainsi la valeur des symboles physiologiques, voyons pourtant comment le philosophe pourrait s'en aider pour fixer des idées si sujettes autrement à lui échapper dans leur origine ou leurs limites.

( I. Différentes espèces de contractilité musculaire , distinguées

par les physiologistes. )

Le phénomène général de la contractilité musculaire offre trois cas particuliers qui, distingués avec une précision nouvelle par des physiologistes modernes, ont été rapportés à trois propriétés ou fonctions vitales différentes (i).

1° Contraction organique insensible, propriété inhérente à la fibre musculaire, ou peut-être, co/nmuniquée à cette fibre inerte et passive en ellemême, par l'action propre des nerfs répandus et cachés dans son intérieur : question étrangère à

(1) J'emploie toujours de préférence la division de Bîchat, par les raisons énoneées dans la note du chapitre P" , page 154

l'analyse philosophique , qui n'a point à s'occuper expressément de cette propriété vitale.

a"* ContracÙon organique sensible : propriété du même ordre que la précédente, ou différente par le degré* seulement Ici l'impression faite sur la fibre musculaire, directement reçue par elle ou par les filets nerveux qui y sont répandus , est transmise au centre général du système. La seule circonstance qui différencie cette impression musculaire de toutes les autres, c'est qu'elle n'a point le caractère affectifs propre à celles qui sont reçues directement par l'organe nerveux (à moins qu'il n'y ait lésion du muscle). Du reste, il y a parité exacte dans la manière dont l'impression est reçue et transmise ; et à tout exercice de la contractilité organique sensible correspond ainsi une yèv\X.2i!b\e sensation de l'ordre de celles qui ont été comprises dans la classe d'animaies. ( Voyez la division précédemment indiquée. )

3" Contraction animale ou volontaire. Ici la disposition contractile appartient bien toujours à l'organe; mais on a plusieurs preuves d'expérience, que la cause ou l'agent vraiment producteur de la contraction j réside dans un centre commun d'où part l'influence ou l'irradiation motrice, transmise de ce centre au muscle par l'intermède des nerfs cérébaux. Mais de plus , il y a dans cette espèce de contractilité, indifféremment appelée animale ou volontaire y des circonstances très- diverses, que nous sommes avertis de ne pas confondre, i"* Le

aOft DE LA I><iCOMIK)SmOir

centtié unique 9 considéré comme moteur^ petit recevoir, de la pflit des orgdnes placés hors de sa dépendance directe, une impulsion provoquante qui détermine sa reacHan aïors/orcée , et pour amsi dire mécanique; a* V action motrice peut aussi com«^ mencer dii'ectement de ce centre, ou n'être déterminée que par des impressions reçues ou nées dans son propre sein.

Dans ce dernier cas seulement, le centre moteur peut être considéré comme actif : dans l'autre il obéit lui-même à des excitations sympathique sotis lesquelles il est passif; et alors la cause directe du mouvement doit se rapporter à Torganc interne, d'où est partie la première impulsion qui a entraîné par suite la réaction centrale.

Maintenant, sera-ce indifféremment dans l'un et dans l'autre de ces deux modes de contractilité, que nous pourrons assigner la présence d'une volonté constituée , et trouver le signe naturel qui nous la représente? Cela dépend de l'idée que nous attacherons au signe conventionnel volonté. Comprenons-nous sous ce terme général toute affection de malaise j ^inquiétudes de besoin? Alors comme il est reconnu que ces impressions ont leur siège dans des organes intérieurs, dont les fonctions comm^icent avec la vie , et ne peuvent s'interrompre qu'avec elle, ce sera à l'ensemble de ces impressions organiques ou sensitives, et à la part qu'y prend le centre de motïKté par sa réaction sympathique, qu'on

pourra physiologiqiieffitent rapporter l'idée de volonté générale comme à une cause commune de tous les mouvements, tant des déterminations instinctives les plus aveugles, que des acteà libres que la con* science éclaire et qu'un sentiment de puissance accompagne. Ainsi la contraction animale correspon-^ dant à la sensation de même nom, pourrait en mêir.e temps être dite volontaire comme ayant soti principe dans le besoin et l'appétit identifiés par hypo* thèse avec la volonté même.

Mais si nous attachons expressément l'idée de 'Volonté à la puissance individuelle d'effort ou d'ac-^ tion ; si nous observons de plus que les mouvements forcés par l'appétit, les passions ou toutes les exacerbations fortes de la sensibilité (qui mettent, comme on le dit vulgairement et non sans raison , l'individu hors de lui-même) excluent tout sentiment de puissance, et s'accomplissent par ime force aveugle opposée à celle que nous sentons comme nôtre; alors nous pourrons penser que la contraction volontaire^ différente dans le sentiment intime de celle qui est caractérisée animale y doit avoir ses conditions propres, et ne peut admettre un même mode d'explication physiologique.

En supposant donc que Ton fût fondé à lier la première knneréaction sympathique du centre cérébral^ on pourrait chercher le type de la seconde dans \ac* ^/oA2 directe qui part de ce centre^ en individualisant ainsi le symbole d'une volonté proprement dite^

ao4 DE LA. D^OMPOSITION

La dernière sorte de contraction établie par la division physiologique dont il s'agit , se trouverait donc sous-divisée elle-même en deux espèces différentes : celle qu'on nommerait volontaire , se dis* tinguant de celle que Ion continuerait à appeler animale (i), de la même manière que la perception se distingue de la sensation (a). On conçoit en effet que, comme dans ce dernier cas, la vivacité de Faftion exclut la perceptibilité^ ainsi l'énergie de la contraction animale exclut la volonté , bien loin que l'une puisse se transformer dans l'autre (3). Peut-être serai ton conduit par-là à reconnaître les causes de ces différences , au lieu de les dissimuler dans les classes arbitraires et les divisions symétriques du langage.

Alors aussi , ne confondant plus les premiers actes d'une volonté naissante avec les déterminations de l'instinct qui les précède, il pourrait y avoir lieu à

(1) On serait autorisé à appeler contraction animale celle qui s'effectue par la réaction du cerveau sous Finiluence des organes intérieurs, parce qu'en effet c'est là le mode de motilité le plus propre aux animaux que le besoin physique immédiat met seul en action.

(2) Voyez le chapitre I•^

(3) Après avoir observé que la sensibilité organique peut se convertir en animale à mesure que Texcitation augmente, Bichat remarque (dans le Traité sur la vie et la mort ) que la coniractililè sensible ne se convertit jamais ainsi en animule ; et il avoue ne point pénétrer la cause de cette différence dont il s^étonne. S'il y a lieu de s'étonner de quelque chose ici, c'est qu'un esprit aussi judicieux n'ait pas observé le défaut d'analogie des deux cas comparés , ou plutôt qu*il ait conclu l'analogie réelle de tels faits d'après l'identité des noms qu'il leur avait arbitrairement imposés

DE LA PENSÉE. 2oS

chercher dans la limite qui les sépare y par quels moyens ou suivant quelles lois progressives peut être originairement constituée une puissance de vouloir et d* effort identifiée avec la personnalité même ; question qui se réduirait à celle-ci : a Comment tel mode musculaire purement instinctif ou €?/zi/72a/ dans l'origine , peut, du mouvement, devenir volontaire ? » Cherchons d'abord les conditions de ce passage dans l'hypothèse physiologique que nous venons d'indiquer ; et voyons si elle suffit pour expliquer le phénomène.

( n. Gomment un mouvement d'abord instinctif pourrait devenir

volontaire.)

A. Première hypothèse physiologique.

A la réaction d'un centre unique de motilité provoqué par les impressions vives des organes internes qui lui parviennent sympathiquement , correspon-

lui-même. On peut être surpris aussi , qu'il n'ait pas été averti par là du vice radical de sa classification et de son tangage. La contractilité insensible devient sensible en s'exalXant^ de même que la sensation organique devînt animale. Ici il y a analogie et identité même entre les deux divisions comparées ; c'est toujours une impression nerveuse ou musculaire qui d'abord , concentrée dans son organe propre, s'étend ensuite à tout un système ou au centre commun. Mais dans la contraction dite animale, il faut que l'irradiation motrice se transmette dans un ordre inverse du cerveau au muscle ; et cette transmission ne peut avoir lieu sans l'intermède des nerfs qui vont directement du centre cérébral à l'organe contractile. Pourquoi donc s'étonner que des contractions sensibles comme celles du coeur ou de l'estomac ne deviennent jamais volontaires , lorsqu'on sait que là seule condition qui pût les rendre telles ^ manque absolument.'

%Q& DR Ui oMeOMVOSITION

dent des mouvements brusque&y Uimultueiu^ aveugies, Tou& les muscles alors sont fortemeat oofilrac* tés; l'animal s'avance, se retire ou demeure immobile* Tjà y sont bien tous les signes vrais d'une contraction animale; mais y a*-t*il celui d'une voionié? L'animal est affecté , et il est mu f voilà bten deui ^eês qui sont à nos yeux signes réciproques l'un de l'autre» Mais où est le type de ce seatimeul; indir viduel qui lie si intimement en noiiS'-méiDeis reffet ou le mouvement produit à sii cause productive? L'être sensitif ne pouiTait^il pi^ ainsi se mouvoir éternellement sous la loi de l'instinct , sans conscience de mouvement et d'action , sans iélée d'aucune existence , pas même de la sienne ?

£n accordant que la première connaissance , la première sensation extérieure distincte naisse du mouvement sçnti et voulu (i) , ei^^ce dans cette Locomotion instinctive qu'il faudrait aller^ chercher l'origine réelle d'une connaissance quelconque? Et comment la simple sensation musculaire , faible et non affective par sa nature, ne disparaîtrait-elle pas alors sous les impressions vives et tumultueuses qui la déterminent ? Comment assigner Vorigin» de la pensée, là même où toute conscience déjà enveloppée va de nouveau s'absorber ou s'ét^wlxe ?••• Mais voyons plus loin , en suivant l'ordre des progrès de la vie.

(1) Principe fondameiital de M* de Tracy. ¥^%>yez ses Mémoires et ses Éléments d'idéologie.

Forcé d'^ord à ràlgip 3QU» fimpiilMon provor quante des orgii»^ iptéFieurs, Le ressort central de^ l'activité motrice ^ gyera monté insensiblenient , et aura jC^^iQtjtrActé des déterminations telles qu'il pourra i^agir ensuite par sa propre énergie , et dans l'abr sence das pi^mâères excitations^ iliitestines* Sous Vaer tion repliée de ces causes sliomlantesy il aura du s'étabUr ^jtre le centre motour et les organes mus, une cpQrdinatixm et des rapports directs , tels que les uns devenus plus dociles se seront {^iés à obéir pendant que l'autre pr^iant peu à peu une sorte d'initiative ou de prédominance, aura appris, à diri? ger et à commander l'action.

Aux premiers actes accomplis scms de telles lois , pourraient correspondre de véritables sensations de mouvements , alors proprement dites a^osations sui genisris.

£n effet, i^ elles ne seraient pkis distraites et obs^ eurcies par les affections vives et tumultueuses qui entraînaient d'abord la réaction du centre moteur^ En second lieu , les organes ayant, acquis plus de consistance , et perdu une partie de cette irritabilité qui leur est propre , surtout dans les premiers temps de la vie , résisteraient davantage à la force contractile^ solliciteraient des stimulants plus actifs et un déploiement d'effort plus intense , d'où naîtrait le sentiment distinct de cet effort, toujours proportionné à la résistance organique.

Ainsi, nous aurions pour conditions et signes pri-

ao8 DE LA DECOMPOSITION

mitiÊ» du sentiment èi effort voulu : i** Faction commencée dans un seul centre organique et transmise continuement aux organes mobiles.

a^ Résistance de ces organes à la contraction alors doublement sentie dans l'action nerveuse qui l'effectue directement, et dans l'impression musculaire reportée au centre d'où la détermination est partie.

3^ Surtout y affaiblissement de toutes les impressions affectives qui pourraient absorber ou distraire les produits directs de la force motrice.

Mais cette hypothèse réduite à sa véritable valeur symbolique suffit-elle pour interpréter toutes les circonstances du fait intérieur à qui elle s'applique? En donne-t-elle même la condition propre et le catère vraiment distinctif ?

Si elle peut servir à noter le passage successif des déterminations instinctives aux premiers actes accompagnés de vouloir et d'effort, comment expli. querait - elle le concours simultané de ces déterminations et de ces actes , lorsqu'il

NOUVELLES CONSIDÉRATIONâ

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