DE MAUPE&TUIS ET J1E TURGOT
réflexion un cmrsu^tère individuel dn moi j tandis que les autres conservent toujours par leurs sujets le caractère général et abstrait
Les premières dcHinent lieu à des propositions uniTerselles évidentes par eUes^mémes ; les secondes à des propositions contingentes que l'expérience a besoin de vérifier. Il est certain que, sans les notions de cause ^ de substance, d'unité, il n'y aurait point d'idées générales, point de classification, ni par suite de langage. L'unité , par exemple , qui est un attribut essentiel de l'existence du moi, est le fondement et le premier type auquel toute classification se rapporte, etc. Mais sans avoir encore formé d4dées générales, de classifications ni de langage régulier, l'esprit humain aurait déjà en lui les nolions à! un , de cause ^ par cela seul que le moi existerait ou qu'il aurait pensée et aperception.
Leibnitz, Kant, ni aucun philosophe, n'a songé à fiaire le partage exact entre les notions universelles qui peuvent être considérées comme formant l'apanage naturel de l'esprit humain , comme étant ses formes (et que par suite nous devons retrouver partout , qui doivent nous affecter du caractère de nécessité ) et les idéçs générales, ou les catégories qui sont contingentes et adventices à l'esprit humain. Dans ses tables symétriques des catégories de l'entendement, Kant a mêlé ces deux sortes d'éléments et donné ainsi des armes à ceux qui prét^ident tout dériver des sens, ils ramènent très-bien les idées gé-
nérales que le philosophe câtique établit sous le titre de formes.
Leibnitz a mieux vu que l'analyse peut arriverjusqu'à certaines notions simples , qu'il considère comme des attributs de Dieu même, et au-delà desquelles comme sans lesquelles il est impossible de rien concevoir. Mais cette manière même de considérer les notions prouve assez que Leibnitz allait en chercher la source bien loin du moi j et qu'il était loin de croire qu'elles fussent indivisibles de son existence; ce qui Fa empêché de déterminer le double caractère individuel etuniyersel, de trouver les marques suffisantes (^notas*sufficientes) par où la pensée les distingue des idées abstraites générales.
Ces dernières peuvent être communes à plusieurs sens , comme dit Ijcibnitz : pluribus sensihus com^ munes; comme les idées de nombres ^ àe figures j de grandeurs ( qui sont communes seulement aux sens qui ont l'étendue pour forme, n'y ayant point de caractères on de collections d'unités réunies sous un seul signe que dans l'étendue divisée); mais les notions peuvent être dites communes à tous les sensj non qu'elles viennent à l'esprit par l'exercice de chaque sens externe, mais parce que toute perception sensible , étant un acte de l'esprit , emporte avec elle les notions fondamentales et constitutives de l'existence du sujet présent ou de l'esprit lui-même.
« Notionis distinctœ prindtivœ non alia datur co»-
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gn itio quam intuitwaj ut compositorum plerumque cogitcUio non nisi symboUca est. »
Les notions universelles de cause ^ de substance ^ dunitéj d! identité^ etc. ^ sont intuitives et leur titre universel et objectif; mais considérées dans leur source ou rapportées au moi qui existe pour luimême en tant qu'il s'aperçoit cause permanente^ une , identique , la connaissance première des notions dont il s'agit est une aperception immédiate , interne, et c'est dans ce sens qu'on peut répondre à la question de Berlin : En quoi V aperception diffère^' Uelle de t intuition? .