‹ Œuvres philosophiques de Maine de BiranChapitre 30 sur 47 · DE MA.UPERTU1S ET DE TURGOT · texte numérisé non relu

DE MA.UPERTU1S ET DE TURGOT

est donc le rapport de ces trois perceptions , l'impression musculaire, l'étendue du corps présent et le pouvoir d'agir.

Un premier mouvement ainsi produit devient le modèle et l'image de tous les mçuvements possibles déterminés de la même manière, et c'est ainsi qu'il prend un caractère de généralité qui constitue l'idée. Toute idée étant nécessaireinent un rapport, il n'y a évidemment aucune idée d'absolu^ ce qui n'empêche pas que l'absolu nous soit intimement présent comme un des termes du rapport sans lequel l'idée particulière n'existerait pas.

L'idée n'est point la sensation, mais le rapport de la sensation à une cause ou à un pouvoir efficace. On ne voit vm rapport qu'autant qu'on a quelque perception des deux termes comparés. L'idée de la sensation est là perception d'un rapport , ou la perception des deux termes présents, dont l'un est déterminé et l'autre indéterminé.

Je vois un rapport dans une perception unique , en tant qu'éprouvant une impression , j'ai par cette impression ou dans la sensation même là notion de la cause ; cette notion ne serait pas présente à mon esprit sans l'impression qui est l'autre terme du rapport.

Le rapport d'un mouvement déterminé quelconque à line cause qui peut répéter ou imiter des mouvements semblables à l'infini, constitue notre idée universelle de force motrice qui ne peut être

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dite absolue, quoiqu'elle ait un terme ou un élément absolu. Je dis que toute idée est un rapport entre la perception claire d'un être limité ou déterminé ^ la notion d'un être indéterminé ou illimité. Je ne dis pas avec l'abbé^ de Lignac , qui veut que nous sentions immédiatement la présenoe de Dieu dans toute idée ou perception, que toute idée est la perception d'un être fini ou ind^ni avec un être infini.

Si l'existence du moi est primitivement et immédiatement aperçue sous certains attributs constants et inséparables de cette existence aperçue , c'est-àdire de toute pensée ; par suite , rien ne peut être perçu ou pensé en nous ou hors de nous que sous ces attributs ; ils devront donc avoir hi généralité la plus étendue et en même temps Yindmdualité la plus précise. En tant que la réflexion ou Ja pensée intérieure les prend à leur source ou dans la conscience du moi^ les notions de ces attributs sont individuelles et particulières. En tant que la perception externe unit tous les objets à toutes les impressions reçues du dehors., les mêmes notions deviennent générales et universelles.

IHous avQQs ainsi une marque certaine pour reconnaître la différence essentielles qui sépare les notions proprement dites, qui ne sont- autres dans leur principe q,ué l^s attributs du moij des idées générales ou. abstraites par la comparaison des objets; c'est que les premiers prennent toujours parla

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