DE J. C. VANINI. TU
il a appris celte particularité de la vie de Yanini » que tous les détracteurs de celui-ci ont révoquée en doute, à l'exception toutefois du père Garasse, qui la rapporte également sans preuve. Pour détruire cette assertion , il suffît de rappeler que dans l'Amphithéâtre Yanini parle d'une mission en Angleterre, dans laquelle il fut mis en prison par les religionnaires , et où il resta pendant quarante-neuf jours» Q Ego».' cùmannoprœterito ad agonem ehrittianum d6$tinatu$ e«êem. » Ceci se passait en 1614, cinq ans avant sa mort, et ne ressemblait guère à une mission d'athéisme. La vérité est que Yanini ayant été obligé de quitter l'Italie, où ses leçons rappelaient celles de Pomponat, se retira en France, où il publia ses deux principaux ouvrages : V Amphithéâtre, à Lyon, en 151tf , et lea Dialogue$ sur la nature, en 1616. Le P. Mersenne ^ dit encore que Yanini était entré dans un ^ couvent de Guienne, où il ne put rester à cause de ses mauvaise» mœurs ; c'est encore un fait avancé sans preuve , et si le P. Mersenne croyait de son devoir de le citer, il devait comprendre que c'était une obligation non moins grande de le prouver. A Pari», Yanini eut pour protecteur et pour Mécène le maréchal de Bassompierre, à qui il dédia ses Dialogues; mais son naturel inquiet et aventureux ne lui permettant pas de se fixer quelque part, il quitta son protecteur de Paris pour aller à Toulouse. Cependant il arriva à cette époque une circonstance qui justifie pleinement son départ. Les deux ouvrages cités plus haut avaient été examinés par deux docteurs en Sorbonne et imprimés avec privilège ; mais comme le dernier surtout faisait grand bruit, la Sorbonne l'examina de nouveau et le condamna au feu. C'est Rosset qui rapporte ce fait 3; il ajoute qu'on accusait Yanini non-seulement d'avoir reproduit les idées du livre Deê troii impottewif mais encore d'avoir fait réimprimer ce livre. Rien ne montre mieux la violence des inimitiés qui s'élevaient déjà contre Yanini que cette accusation, car ce livre De$ trois imposteurs, qu'on l'accusait de faire revivre, n'a probablemient jamais existé. Beaucoup en ont parlé , et personne ne l'a vu ; il est vrai que le P. Mersenne 3 nous dit encore qu'un de ses amis l'a lu et y a reconnu
' Ouvrage cité, p. 67 1.
' Histoire tragique ; voyez aussi Théophile Raynaud, De librit bonis ei malts.
' Ouvrage cité, p. 1830.