CHAPITRE PREMIER
De la malicre des corps.
180. Plusieurs définissent la matière, ce que chaque chose a de commun avec une autre; et la forme, ce qu’il y a de particulier en chaque chose, et ce qui la distingue de toute autre. Je n’aurais nulle peine à admettre ces notions : mais en les admettant , il faudra dire aussi , ce qu’on n’entendrait j)eut-étre pas sans quelque répugnance, que, même à l’égard des esprits, il se trouve de la matière et de la forme; puisqu’ils ont quelque chose de commun, savoir, V intelligence ; et quelque chose de particulier, savoir, ce qui fait chacun d’eux tel esprit, et non un autre.
481 . Si l’on prétend que ce qu’on dit être commun aux esprits, n’est, à proprement parler, qu’une ressemblance, j’en tomberai d’accord ; mais ce qu’on dit être commun à différents corps, n’est aussi qu’une ressemblance. Rien de ce qu’est réellement un être particulier, ne fait partie d’un autre être : ou bien un être serait au même temps deux êtn*s, ce qui est incompréhensible.