CINQUIÈME PARTIE
•CONTENANT DIVERSES CONNAISSANCES QUI PEUVENT TENIR LIEU DE PREMIÈRES VÉRITÉS DANS LES SCIENCES.
Premières vérités dnns la science de la |)hysiqiie.
500. Nous avons vu quo tout co que nous concevions de la matière et de la forme , n'étaient que des idées ^énéralt'S et vai'ues qui ne peuvent nous faire connaitre qut' très-sujterficiellement les corps naturels (N. 115).
501. D’un coté, nous ne connaissons rien que par l’exjK'rience et jiar nos sensations, qtti ont des bornes très-étroites; d’un autre côté, les corps naturels ne sont constitués, chacun dans leur forme, que par certaines modifications de rejtos ou de mouvement, de figure ou d'arrangement, en des parties si imperceptibles que nos sens n'y sauraient atteindre. Pour découvrir ce qu’elles sont, on n'a que des conjectures et des systèmes, et nous les jugeons suflisamment appuyés quand il ne s’y trouve nulle contradiction.
502. Cependant on peut, par ces systèmes, composer sur un même fait naturel ou historique, des es|X‘ces de romans contraires l’un à l'autre , sans qu'il se trouve nulle contradiction en chacun pris en particulier ; on y expos<>ra même les choses comme possibles ou vraisemblables, en dix systèmes différents. Mais quchpie ingénieux qu’ils [)uissent être, il y en aura neuf absolument faux, et peut-être tous les dix : c’est ce qui se rencontre dans la physique.
503. La cause et les ressorts d'un effet naturel peuvent donc paraitix* possibh*s, et ne l'être pourtant pas (N. 2<)3).
Nous sommes certains que deux idées, telles que nous les avons actuellement dans notre esprit, ne renferment jwint de contradiction; mais nous no sommes pas sûrs que les choses cachées à nos sens et à notre expérience , auxquelles nous appliquons ces idées, soient dans leur réalité telles que nos idées nous les représentent.
504. Nous voyons sensiblement le blé qui devient farine; nous voyons encore comment 1a farine devient pain, et que c’est le mélange de farine et d’eau , auquel survient l’action du feu ; mais comment le pain devient-il chyle? Nos sens n’y voient presque plus rien, et notie esprit encore moins. On ouvre l’estomac d’un animal, et l’on n’aperçoit point ce qui est précist'mient la cause de la formation du chyle. Estce la chaleur de l’estomac? Pourquoi toute autre chaleur ne produit-elle point le même effet? Quel est le degré, la température, la nature de cette chaleur, dont l’action est quelcpiefois arrêtée par une nouvelle chaleur qui y survient? Est-ce un acide particulier qui réside dans l'estomac? Où réside-t-il? Pourquoi ne le distingue-t-on point, ou même ne l’aperçoit-on point en ouvrant le corps de l'animal ? De plus, comme il est des milliers de sortes d’acides , quelle est la sorte de celui-ci ? Est-ce celui du citron ou de l’oseille, du V erjus ou de l’eau-forte ? Quel abîme ]K)ur qui sait penser! Pour ceux qui ne pensent point, ils ont vu tout d’un couj). On leur a dit que c’est un acüle dans l’estomac qui fait la digestion ; ils l'ont dit et répété souvent depuis : il n’y a plus de difficulté à leur égard ; il ne la voient pas. Avançons. Comment le chyle devient-il sang? Nouvel abîme. Sait-on seulement quand, comment et où le chyle change de couleur et devient rouge? On en dispute; on fait des systèmes; mais un pur système étant un roman, il ne nous appiend rien de certain ; de sorte qu’à la vérité effective qui nous manque nous substituons l’ombre ou l'apparence de la V érité, chacun à notre façon ; et voilà ce qui s’api^lle science de la physique.
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503. Appliquons cette réllexion à la divisibilité de la matière, à toutes les formes des êtres, à leurs qualités diverses, et en particulier à la dureté, à la pesanteur, au premier mobile de l’univers : toutes connaissances essentielles pour avoir une idée juste de la constitution dos corps. Vous trouverez, i>our explication et pour science de la physique, ici les tourbillons de Descartes et ses trois éléments incompatibles avec aucun vide; là, les atomes de Gassendi etd’Épicure, dans un mouvement inséparable du vide. Chacun do ces deux systèmes se fait valoir sans contradiction : la vérité en est-elle plus connue et plus certaine? Il faut se contenter, dit-on , (juand on ne peut trouver rien de plus. Mais, si l’on ne |veut trouver que des imaginations, ne peut-on se dispenser de les chercher, pour s’en tenir à ce point essentiel de savoir qu’on ne i«?ut rien ssivoir sur des mystères qui nous sont cachés?
3CG. Cependant, au défaut des principes qui sont inqx'nétrables, occupons-nous à connaître les elfels de la nature qui tombent sous nos sens, et sachons du moins ce qu’elle produit , ne pouvant découvrir comment elle le produit.
Premières vérités dans l’élude de la médecine.
507. La médecine ayant les mêmes principes que la physitpie, dont elle n’est (pie l’application pour con.'Crver la vie et la santé des hommes , on voit à peu près ce (pi’on en l>eut espénu- dans la prati([ue. Ivlle se fonde sur l’expérience; mais, selon ses propres maximes, cette ex[H‘rience est aussi dangereuse (pie l’élude de son art (»st étendu. Ars longa , experimenium i^ericulusum.
508. Pour ne rien confondre, distinguons, dans l’art de conserver la vie et la santé des homnu's , les opérations do chirurgie d’avec toutes h's autres. C.elli‘S-là , surtout depuis un temps ipi’elles ont éU‘ (‘xirêmenient perfectionnées, sont
presque infaillibles de leur part : elles no manquent que par le défaut, ou d’exécution dans la main du chirurgien, ou de force pour les soutenir dans la disposition du malade. D’ailleurs, elles ne sont presque en rien sujettes à méprise, parce qu’elles s’exercent sur des objets qui sont à la portée de nos sens et de notre expérience.
.'S09. La médecine, indépendamment de la chirurgie, n’est-elle pas aussi fondée sur des expériences? Oui , mais par malheur ces expériences ont été faites en des conjectures de tempérament , de temps , de degré de maladie et do mille autres circonstances particulières (jui ne se rencontrent presque jamais tout-à-fait les mêmes. Ihi remède qui aura réussi contre la pleurésie en deux ou trois occasions, manque en vingt autres occasions, c’est-à-dire qu’une même maladie, en deux tempéraments différents, n’est plus précisément la même. Or, les tenqiéraments sont j>our le moins aussi différents que les visages et que la disposition extérieure des hommes. De plus, les tempéraments fussentils les mêmes, une saison plus humide ou plus sèche, plus froide ou plus chaude , un air plus ou moins pur, plus ou moins acide , font dans les maladies des différences réelles , souvent même très-importantes, et plus souvent encore irn- ]x*rceptil)les à toute la sagacité de nos sens et à la pénétration de notre raisonnement.
Les princiiios des maladies, en général , sont dans le sang, les humeui-s, les esprits, les fdires et les parties les plus subtiles du cor|)S humain , dans lesquelles nous ne pouvons pénétrer,. Notre intelligence n’y saurait procéder que par systèmes tout opposés. La clioso est évidente par l’opinion différente des médecins, dans h*s consultations journalières qui se fout sur l’état d’un malade.
510. Par là il est clair que le parti auquel on se détermine est pris comme au hasard , et qu’à considérer l’autorité et la capacité des médecins différents , il y a autant à craindre qu’à espérer en suivant ou abandonnant l’avis des uns
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plutôt que des autres. Par là ausï^i il pourrait arriver que la n édccinc conjecturale et systuualiquc ne fiU pas toujours fort salutaire ru total du genre humain. Elle jiroduit de bons elFets, comme on n’en peut douter; elle en produit de mauvais, comme l expérience le montre. Dans le pays où fleurissent les plus célèbres médecins, on ne voit pas les habitants moins souvent malades ou mourir plus tôt (j’excejUo toujours ce qui dépend de la chirurgie) que dans les j)ays où il ne s’exerce point un art particulier de la médecine , et où chacun se préserve , comme il peut et selon l’instinct de la nature, de la maladie et de la mort.
On aurait tort cependant d’estimer moins les médecins. Ce n’est point à eux qu’il faut s’en prendre, mais à nousmêmes, si nous y sommes trompés; ils agissent de leur mieux, et selon les règles d’un art qui ne saurait pénétrer dans les principes de lu nature. Quand ils ont employé toute leur étude et tout leur savoir, que feront-ils davantage? Peutêtre nous feront-ils du mal , mais il n’est aucune profession dont nous ayons plus à espérer. Après tout, disait un grand ministre, quand je serai malade, j'aurai encore plutôt recours à mon médecin qu’à mon avocat.
liM. D’ailleurs on peut tirer un grand avantage d’un mc^ dccin qui , sachant très-bien la constitution du corps humain, a un grand usage des maladies les plus communes et des rt»mèdes les plus avérés, avec une connaissance exacte du tempérament de la personne qu’il traite, et une application particulière à ohsen^er jusqu’aux moindres symptômes de la maladie.
Il sera encore plus estimable s’il emploie moins des remèdes difficiles à pratiquer que ceux dont l’usage est simple et familier, et dont la partie la plus essentielle consiste souvent dans la diète, le repos et la patience.
Promiéres vérités dans la jurisprudence.
51.3. La jurisprudence est la connaissance des lois établies pour entretenir l’ordre et la paix dans la société civile. On peut donner pour première vérité à ce sujet que le principal usage des lois est de fixer les esprits à un parti , afin de terminer les contestations. En effet , ce que prescrit une loi est tellement judicieux , qu'uneîautre loi qui prescrit le contraire n’est pas moins conforme à la raison et au bon sens. Dans une province, ce senties fils aînés qui héritent; dans l’autre, les enfants partagent également; dans celle-ci les femmes peuvent être avantagées par leur mari , dans celles-là elles ne le |)puvent.
î)l i. Si le sens commun était manifestement pour une loi, la plus grande partie du genre humain s’y serait rangée, au lieu que chaque nation ou province demeure constamment attachée à ses propres lois. Ce n’est pas qu’elles ne soient sujettes chacune à des inconvénients, mais c’est pour en éviter d’autres aussi grands.
.51 5. C'en est un , sans doute , que de laisser dix ou douze enfants dépourvus de bien, jx)ur donner, en Normandie, dix ou douze mille livres de rente au seul fils aîné ; mais c’est un autre inconvénient que de les partager tellement à dix ou douze enfants , qu’il ne se trouve plus aucun d’eux en état de soutenir le rang et la situation de la famille, ni de procurer de la protection , des amis , de la considération et du secours à ses frères. Il est donc clair qu’on ne peut convenir ainsi laquelle des lois usitées est préférable à une loi contraire.
Î)I6. En est-il ainsi des lois romaines, qui sont éminemment l'objet de lajurisprudence? Non, me disait un jurisconsulte; on n’y peut contrevenir sans contrarier la rai-son ; témoin , ajoutait-il , la loi qui autorise les adoptions. Par une règle si sage , ce n’est point une nature aveugle qui donne
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(les héritioi's à un pî'ro , honimp de mérite et de probité, c'est la raison qui lui fait faire le choix de ceux qu’il trouve dignes de lui. On voit jusqu’où put s’étendre, sur ce point, le langage d’un éloquent jurisconsulte; mais moi, sans le secours de l’éloquence, je lui demandai s’il n’y aucun danger à rendre maître du bien et du sort d’une famille un père qui serait (comme il s’en rencontre souvent) plein de préventions, d’injustice même et de dureté à l’égard de son fils. Or, pourquoi s’expose-t-on à un si grand inconvénient? pour donner arbitrairement la qualiU' de fils à qui la nature ne la donne point, et à qui ne doit point être aimé au préjudice de celui que la raison et l’équité doivent rendre cher à l’auteur de sa vie. On pourrait pousser beaucoup plus loin une juste critique de cette loi qui paraîtra à i)lus de la moitié du genre humain contraire aux sentiments les plus légitimes.
ÜI7. C'est néanmoins ce qu’on no fera pas aisément comprendre à divers jurisconsultes; l’habitude d’assujettir leurs idées aux lois établies leur fait confondre souvent ces deux expressions : c'est la loi, etc’est la raison. 11 est vrai que ; c'est • la loi emjiorte avec soi : c'est la raison de s’y assujettir en ce pays-ci , sans égard aux raisons qu’on y voudrait opposer, fussent-elles meilleures que la loi reçue. Mais au lieu de s’en tenir là on regarde la loi reçue comme tenant lieu de la raison universelle.
518. Il paraît donc un mécompte dans la jurisprudence ordinaire, c’est de supposer que la loi a pourvu à tout. Par là s'est établie la maxime : Qu’il faut qu’un procès soit ou gagné ou perdu, en supposant qu’une des deux parties, sur le même point , a tout-à-fait raison , et l’autre lout-à-fait tort. Je croirais, au contraire, pouvoir établir comme une première vérité que, dans la plupart des procès qui sont légitimes procès, aucun des deux partis n’a absolument tort, parce que là où la loi n’est pas tout-à-fait claire, elle no doit point être censée décider, et si elle ne décide pas, c’est comme s’il n’y avait point de loi. Or, dès qu’il n’y a point de loi, au-
Cime des deux parties n’a contrevenu à la loi et ne doit perdre son procès; en ce cas, il ne reste qu’à partager les intérêts , s’il ne se trouve pas d’autre règle de décision dans les principes de la loi naturelle et dans le détail des circonstances de l’affaire.
519. En effet, les termes de la loi fussent-ils clairs, souvent une seule circonstance doit faire une décision toute autre. C’est principalement ce qui cause une si étonnante contrariété dans un grand nombre d’arrêts portés d’après une même loi.
520. C’est aussi ce qui règle deux des tribunaux les plus équitables du royaume, celui des maréchaux de France jwur la noblesse, et celui des juges-consuls pour les marchands : ceux-ci, depuis un temps, ont reçu quelques lois écrites; on doute que leurs jugements en soient devenus plus équitables, ces lois assujettissant à un grand nombre de formalités, lesquelles, quoique judicieuses en elles-mêmes, servent moins dans la pratique d’exercice à l’équité que de ressource à la chicane. Aussi ne s’aperçoit-on pas, dans les pays qui ont peu do lois écrites, que la jurisprudence s’y rende moins exactement. Si l’on y manque quelquefois par le vice personnel des juges, on y trouve du moins l’avantage d’être délivré des longueurs et des frais qu’attirent avec elles les formalités, ce (pii fait un des plus grands fléaux de la société civile. Un procès terminé d’abord, fùt-il jierdu, est moins ruineux qu’un procès gagné par un abîme de procédures dont plusieurs années ne voient pas la lin.
Premières vérités dans la théologie.
521. La religion naturelle, ou la simple raison, nous enseigne qu’il faut soumettre également à Dieu notre intelligence et notre volonté : nos esprits, en jugeant vrai tout ce qit’il nous ordonne de croire; notre volonté, en la jwrtant à tout ce qtt’il nous ordonne de pratiquer. D’une part.
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l'autorité d’un Dieu qui ne peut ni tromper ni être trompé; d'une autre part, sa sainteté (}ui ne i>cut rien c\i”:cr (juo do juste, portent avec elles la conviction où nous devons être là-dessus.
522. Ce n’est donc point un prétexte qui jiiiisse arrêter un esprit raisonnable, que l’incompréhensibilité dos mystères (lue la religion propose de croire. Dieu peut faire et a fait des choses incompréhensibles à un esprit aussi borné qu(i lo nôtre. C’est un point qui doit passer pour première vérité au sens marqué (N. 90); en voici qui devraient êtro (‘gaiement admises.
523. C’est la religion chrétienne et catholique qui nous enseigne ce que Dieu nous projwse de croire et de pratiquer. Cette religion n’est autre que l’Kglise qui nous rend témoignage de ce que Dieu a dit et ordonné. Ainsi la vraie théologie consiste uniquement à prouver : 1". que le témoignage de l’Église est irréprochable; 2®. que l’Église nous a enseigné, comme ordonnés de Dieu , les articles qui font l’objet de notre « croyance et de notnï culte. Toute autre chose parait do surérogation à la théologie.
52 i. Quand on aurait démontré que les dogmes de la religion sont conformes à la raison humaine la plus épurée, ce pourrait être un exercice ingénieux et utile, si l’on veut, mais qui appartiendrait plutôt à la philosophie qu’à la théologie, celle-ci ne devant qu’établir les points de la religion.
Qr, ce n’est pas un point de religion , que cette conformité de la parole de Dieu avec la raison. La religion nous proiX)so ses dogmes pour les croire, et non pour les justifier au tribunal de notre raison. Ce n’est pas que plusieurs ne s’y accordent très-bien ; mais aussi tous ne s’y accordant pas également, et étant au-dessus do la porU’e do nos lumières, U paraît que la théologie ne doit point entreprendre de prouver ses dogmes ; sinon en tant qu’elle prouve que l’Église nous les projwsc à croire , comme enseignés de Dieu , sans nul
égard à ce (jue la raison humaine en peut approuver ou ou n’approuver j)as.
î»25. H est ])lusieurs de nos dogmes^ dont la raison purement humaine no saurait s’accommoder, étant au-dessus de la portée naturelle de notre esprit. Ne serait ce donc pas se combattre soi-méme (jue de prétendre prouver à la raison une chose à qui l’on avoue que la raison ne peut parvenir?
626. Quelques-uns disent que nos dogmes sont au-dessus de la raison , sans être contre la raison. Je ne sais si l’on a une idée bien nellc sous ces expressions. Si l’on avoue qu'un objet est au-dessus de la raison et de sa portée ; comment prouver que cet objet n’y est point contraire? Pour le montrer, il faudrait entièrement connaître cet objet dans tout ce qu’il est, sans quoi , il y aurait dans cet objet quel- <pie endroit que nous ne connaîtrions pas : et si nous ne le connaissons pas, comment pouvons-nous prouver que cet endroit à nous inconnu n’a rien d’opposé à la raison?
> C’est comme si l’on voulait prouver ou aflBrmer qu’un remède à nous inconnu par certains endroits, n’est en rien contraire à la santé par ces endroits-là mêmes.
627. On prouve très-bien que nos dogmes ne sont pas contraires à la raison, en tant que nous ne pouvons raisonnablement en disconvenir, quand nous reconnaissons d’ailleurs que Dieu les déclare vrais. En ce scns-là, loin d’étre contraires à la raison, ils y sont positivement conformes; puisqu’elle dicte positivement qu’ils méritent d’être jugés vrais, d’après le jugement et la vérité de Dieu.
628. Mais dans ce qui est au-dessus de la raison, en tant qu’il est au-dessus de la raison, on ne peut sagement entreprendre d’en prouver rien directement, ni pour ni contre , puiscpi’il est déraisonnable de vouloir exercer notre raison sur un objet où nous avouons qu’elle ne saurait atteindre.