‹ Œuvres philosophiques du père Buffier de la Compagnie de JésusChapitre 114 sur 138 · Ainsi , (juand un adversaire de nos dogmes prélen · texte numérisé non relu

Ainsi , (juand un adversaire de nos dogmes prélen

CirSQUltME PARTIE. 217

drait les attaquer (comme a fait M. Le Clerc, N. 26!), 266), sous prétexte qu’ils contrarient la raison : la plus courte n'-jwnse , et la plus solide , est de montrer que l’objection est ridicule ou frivole; tombant sur un objet que nous disons être surnaturel ; puisqu’il ne saurait être attaqué ni justifié par la pure raison naturelle.

530. Observons pourtant que les dogmes de la foi renferment quelquefois certaines idées naturelles qui sont à notre portée : par exemple , ce dogme-ci , Dieu s’est fait homme , résulte de trois idées, qui sont ; 1®. l’idée de Dieu, 2®. l’idée d’homme, 3®. l’idée de l’un/on hijposiatique et substantielle de Dieu avec l’homme. Les deux premières sont à la portée naturelle de l’esprit humain; et dès qu’on admettra que Jésis-Chbist Otait Dieu-Homme , on conclura naturellement, et très-bien, qu’étant Dieu, il était immortel, tout-puissant, etc., et d’un autre côté, qu’étant homme, il était niortel, passible, etc.; parce que notre esprit, ayant naturellement l’idée de Dieu et l’idée d’homme, il en peut naturellement aussi conclure tout ce qui est naturellement joint, soit à l’idée de Dieu, soit à l’idée d’homme. Touchant la troisième idée de l’wnjon de Dieu avec l’homme dans une même personne, c’est où notre esprit et notre raison se perdent, et sur quoi nous ne devrons jamais les exercer; sinon, comme j’ai dit, pour montrer que ce mystère, naturellement incroyable à l’esprit humain , devient très-croyable d’après l’autorité de Dieu , qui l’a révélé par son Église.

531 . C’est une réponse qui dissipe tout à coup les vains raffinements des Sociniens, et de tous les prétendus esprits forts. Ils ont beau dire que nos dogmes ne doivent point être admis par la raison, puisqu’elle n’y conçoit rien : il est aussi extravagant de nier la vérité d’un fait, précisément parce qu’on no le conçoit pas ( quand d’ailleurs il est appuyé sur des témoignages légitimes ) , qu’il srv rait im|)crtincnl à un aveugle né de nier l’existence do lu

ly

218 TRAITÉ nES PREMIÈRES VÉRITÉS.

lumière (N. 343), parce qu’il lui est impossible de s’en former l’idée. Cette réponse vaut beaucoup mieux que d’entrer en discussion , sur nos mystères , avec les adversaires de la foi , qui objectent de fausses subtilités qu’on ne déméle qu’à peine. C’est ce qui exjwse les esprits contentieux à trouver des incertitudes, là où ils n’auraient trouvé qu’un motif judicieux pour soumettre leurs faibles lumières à l’intelligence infinie de Dieu.

Page 1